LA SULHIE , LES CINQ LEVIERS, EXPLICATIONS
A la suite de l'Amana, les résistances à l'action sont déjà là. Le défaut fatal continue de piloter les décisions parce que c'est un chemin qui est pratiqué depuis longtemps.
Les croyances limitantes et autres habitudes comportementales autorisées par la fusion cognitive sont à l'œuvre et le conflit intérieur latent, s'éveille brusquement lorsque le « Je » se lève.
La Sulhie n’y répond pas avec ces gestes durs qui prétendent trancher en profondeur, mais n’agissent souvent qu'en superficie.
Elle opère à un niveau plus profond, plus secret : elle transforme la manière même dont le conflit se forme, se nourrit, s’inscrit dans les replis du corps et s’amplifie dans les récits que l’esprit se raconte à lui-même.
Elle ne cherche pas à écraser les contradictions, comme on étoufferait une voix importune ; elle les rend habitables, intelligibles, traversables.
Peu à peu, ce qui fut guerre cesse de l’être : les tensions, apprivoisées, deviennent la matière même d’une concorde dynamique, comme si l'on apprenait à tirer de ses divisions une forme supérieure d’unité.
Alors l’homme ne lutte plus contre ses blessures ; il s’instruit à s’asseoir auprès d’elles, à les écouter avec une patience nouvelle, jusqu’à ce que la compréhension prenne une forme, celle d'une compassion pour soi-même, dont la révélation transforme l'action en un chemin praticable.
« La Sulhie part d’un constat simple : tant que tu dépenses ton énergie à masquer ou à combattre ton défaut fatal, tu restes prisonnier de lui. »
Car l’effort même que l’on croit libérateur devient alors l’instrument de sa propre servitude.
Aussi la Sulhie invite-t-elle à un geste inverse, presque paradoxal : accueillir le défaut fatal dans la trame ordinaire de l’existence, précisément là où l’on serait tenté de détourner le regard.
Car c’est dans cette proximité consentie que débute la véritable transformation.
Les cinq leviers par lesquels elle agit ne sauraient être compris comme les degrés successifs d’une méthode rigide ; ils se répondent, se chevauchent, s’éveillent les uns les autres, comme des forces vivantes qui se nourrissent de leur propre interaction.
Par-dessus tout, ces cinq leviers dessinent les voies d’une nouvelle relation à soi-même.
Ce que l’Amana révèle et éclaire n’y vient pas combattre ce qui demeure de nos anciens mécanismes, mais se placer avec eux dans une relation d’accueil et de réconciliation.
Pensées, émotions, tensions intérieures, actions et expériences nouvelles deviennent alors les lieux mêmes où s’exerce cette rencontre entre ce qui, autrefois, cherchait à nous protéger et ce qui, désormais, cherche en nous à vivre et à s’accomplir.
Cette rencontre est au coeur des cinq leviers de la Sulhie :
1.D’abord, accueillir les résistances de la pensée issues de cette étrange fusion, où l’esprit, confondant ses propres récits avec le réel, engendre des fables, des récits intérieurs qui nourrissent l’évitement.
2.Puis demeurer, lorsque ces résistances quittent le domaine des idées pour investir celui du corps et du système nerveux. Là, l’émotion invite à la fuite: Il faut alors consentir à l’inconfort, accepter ces signaux, ceux des anciens mécanismes encore à l'oeuvre qui nous poussent à l'évitement. C'est ici, au cœur de la vague émotionnelle que l'homme doit faire preuve de maturité, pour ne pas fuir, pour que la peur cesse de le gouverner.
3.Ensuite, reconnaitre ce que l'Amana a restauré et y intégrer la compassion comme pierre angulaire du passage vers la Sulhie. Faire preuve de compassion, c'est comprendre, avec une bienveillance éclairée, l’élan maladroit qui s’exprimait dans la confusion, puis réunir ce qui, jusque-là, demeurait épars.
4.Après cela, agir, sous l’impulsion de cette force singulière qu’est la douceur, en apprenant à habiter le corps autrement dans l’acte même : moins de crispation, moins de lutte invisible, mais davantage de fluidité, de liberté dans le mouvement, comme si l’action cessait d’être une contrainte pour redevenir un passage vivant où la vie elle-même circule et s’accomplit.
5.Enfin, sceller le réel par la preuve, en laissant l’expérience consacrer ce que l’intelligence avait entrevu, et se nourrir de tous ces nouveaux vécus où peu à peu le défaut fatal s'efface.