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favoritisme

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favoritisme

Tu as cette pâleur des gens qu’on a déplacés sans leur demander leur avis…

Application de l’amana et de la sulhie

Voici une résolution incarnée du conflit de favoritisme, inspirée du dialogue précédent, construite pas à pas, selon la logique de l’Amana puis de la Sulhie, dans une langue vivante, analytique et intérieure.

Le personnage doute que le favoritisme soit réel ou imaginaire, et cette incertitude l’enferme.
Il oscille entre colère muette et auto-culpabilisation, entre lucidité et peur d’être injuste, entre désir de parler et crainte d’être perçu comme jaloux.
Ce conflit intérieur le fragmente.


Amana : Premier levier

Reconnaître les dépôts sacrés en présence

Julien cesse de se demander d’abord qui a tort ou raison. Il commence ailleurs.
Il regarde ce qui, en lui, est touché. Ce qui est agité. Ce qui réclame.

Il découvre plusieurs dépôts sacrés, confiés à sa garde :

Le dépôt de justice :
un élan vital lié au besoin supérieur d’équité et de cohérence.
Ce n’est pas une revendication sociale, c’est un besoin intime de vivre dans un monde lisible, où les règles ont un sens.

Le dépôt de dignité :
lié au besoin de reconnaissance juste.
Non pas être préféré, mais être vu pour ce qu’il apporte réellement.

Le dépôt de loyauté à soi :
lié au besoin d’alignement.
Ne pas trahir ce qu’il sait juste pour obtenir une place.

Le dépôt de sécurité intérieure :
lié au besoin de stabilité et de continuité.
Le favoritisme l’ébranle car il rend l’avenir imprévisible.

Même la pression extérieure, le silence imposé, la peur du jugement, ne sont plus vus comme des ennemis.
Ils deviennent des signaux : ils activent ces dépôts.
Ils révèlent ce qui, en lui, demande protection.


Amana : Deuxième levier

Le gardien se lève et redessine les territoires

Julien comprend alors que ces dépôts ne sont pas en faute.
Ils se sentent simplement contraints les uns par les autres.

La justice écrase la sécurité.
La dignité étouffe la loyauté au groupe.
La loyauté à soi fait peur à l’enfant intérieur qui craint le rejet.

Le rôle du gardien commence ici.

Il ne cherche pas à faire taire une partie.
Il les écoute toutes, puis il redessine leurs territoires.

Il pose des limites intérieures claires :

La justice ne décidera plus seule par la colère.
Elle parlera par des faits, des observations, des demandes précises.

La dignité ne se mesurera plus au regard du supérieur.
Elle se mesurera à la cohérence entre ce qu’il pense, dit et fait.

La loyauté au groupe ne passera plus avant la loyauté à soi.
Mais elle ne sera pas détruite : elle prendra la forme du respect, non du sacrifice.

La sécurité intérieure ne sera plus cherchée dans l’approbation.
Elle sera construite par des choix assumés.

Ces limites deviennent des lignes de conduite extérieures :
ne plus se justifier excessivement,
ne plus accepter des charges indues sans clarification,
ne plus se taire systématiquement quand un fait est objectivable,
ne plus s’auto-accuser avant d’avoir regardé la situation.


Amana : Troisième levier

Les thèmes symboliques qui guident l’action

Pour se souvenir de ce travail, Julien choisit des images intérieures, simples et stables.

Il se voit comme un gardien de phare :
il n’empêche pas la tempête,
il maintient la lumière.

Il adopte le thème de la droiture tranquille :
parler sans attaque,
agir sans justification excessive,
se retirer sans rancune si nécessaire.

Il s’appuie sur l’image de la frontière vivante :
une limite qui n’exclut pas,
mais qui protège ce qui doit vivre.

Ces symboles deviennent des repères concrets dans son quotidien :
comment répondre à un mail,
comment formuler une demande,
comment dire non sans dureté.


Amana : Quatrième levier

Retrouver son identité par la fidélité aux dépôts

En honorant ces dépôts, Julien ne cherche plus à prouver.
Il se reconnaît.

Son identité ne dépend plus de la faveur ou de son absence.
Elle se tisse dans ses engagements :

être fidèle à la justice sans devenir rigide,
être digne sans être orgueilleux,
être loyal sans se trahir,
être en sécurité sans se fermer.

Il cesse de se demander :
« Ai-je raison ? »
Il commence à vivre :
« Suis-je fidèle à ce qui m’a été confié ? »


Sulhie : Premier levier

Fables intérieures et lucidité

Lorsque vient le moment d’agir, les fables apparaissent :

« Si je parle, je vais tout perdre. »
« Je suis sûrement trop sensible. »
« Je n’ai jamais su m’imposer, pourquoi ça changerait. »
« Ce n’est pas si grave, d’autres vivent pire. »

Il reconnaît ces pensées pour ce qu’elles sont :
des tentatives de protection, pas des vérités.

Il distingue les faits :
des décisions répétées,
des écarts mesurables,
une charge de travail objectivement déséquilibrée.

Il laisse passer la narration intérieure sans s’y fusionner.
Il se rappelle :
ce qui compte maintenant,
ce n’est pas d’avoir raison,
c’est d’être juste envers lui-même.


Sulhie : Deuxième levier

Maturité émotionnelle et traversée de l’inconfort

Quand il pose une limite, le corps réagit.
Le cœur accélère.
La voix tremble légèrement.

Il ne fuit pas.

Il reste dans l’inconfort.
Il respire.
Il parle lentement.

La première fois, la peur est intense.
La deuxième, elle est encore là.
La troisième, elle perd de sa force.

Progressivement, le corps apprend :
l’inconfort n’est pas un danger,
l’expression ne mène pas à l’effondrement.

La maturité émotionnelle s’installe.
La douceur remplace la crispation.


Sulhie : Troisième levier

Réconciliation des parties intérieures

Julien n’est plus éparpillé.

La justice se sent entendue.
La dignité est respectée.
La sécurité est maintenue.
La loyauté trouve une forme juste.

Chaque partie a sa place, son rôle, sa limite.

Il ne lutte plus contre lui-même.
Il se rassemble.


Sulhie : Quatrième levier

Agir par relâchement et ouverture

Ses actions deviennent simples.

Il demande un cadre clair.
Il refuse une charge injustifiée sans attaque.
Il expose les faits sans accusation.
Il quitte une situation quand elle ne respecte plus ses dépôts.

Il agit sans dureté,
sans tension inutile,
sans épuisement.

C’est une force douce.
Une force qui vient de la source, pas de la résistance.


Sulhie : Cinquième levier

Constat et résolution

Julien constate :

le monde ne s’est pas écroulé,
les relations se sont clarifiées,
certains ont résisté,
d’autres ont respecté,
lui s’est respecté.

Les dépôts sacrés sont honorés.
Les limites sont vivantes.
Les engagements sont tenus.

Il a traversé ses fables,
dépassé la fusion cognitive,
développé la maturité émotionnelle,
réconcilié ses parties,
agi avec douceur et fermeté.

Le conflit de favoritisme ne le définit plus.
Il a cessé d’être un combat intérieur.
Il est devenu un chemin de fidélité.

Et dans cette fidélité,
la paix s’est installée.

La Pierre Juste, une nouvelle littéraire sur le fait du favoritisme

Oxford, 2003. Les pierres couleur de miel semblaient absorber la lumière d’octobre comme une mémoire ancienne…

Illustration d'une À Oxford, une chercheuse affronte le favoritisme. Nouvelle littéraire percutante sur justice intérieure, limites, courage et réconciliation vécue humaine forte.