📚

être visé par vengeance

📚

être visé par vengeance

Je te parle comme à toi seul, et pourtant j’ai l’impression que les murs écoutent…

application de l’Amana et de la sulhie

Voici une proposition de résolution incarnée du conflit « être visé par vengeance », en continuité directe du dialogue précédent :

Avoir envie d’obtenir de l’aide, mais savoir que cela implique d’avouer une culpabilité ou de révéler un secret bien gardé.

Voici comment ce conflit intérieur se résout par l’Amana, puis par la Sulhie, dans une dynamique vivante, intérieure puis concrète.


Le personnage n’agit pas d’abord sur le monde. Il se tient. Il revient à ce qui lui est confié.

Amana : premier levier

Il commence par reconnaître que ce qui est agité en lui n’est pas une faiblesse, mais un dépôt sacré.

Il voit d’abord le dépôt de vérité. En lui vit un élan qui aspire à dire juste, à ne plus se fragmenter. Ce dépôt n’est pas un goût pour la confession, mais un besoin supérieur de cohérence intérieure. La pression extérieure réveille ce dépôt, car le secret l’étouffe. Ce n’est pas la vengeance qui fait mal, c’est la dissonance entre ce qu’il vit et ce qu’il cache.

Il reconnaît ensuite le dépôt de protection. Une part de lui veut se taire pour préserver sa famille, son image, son avenir. Ce dépôt correspond à l’élan vital de sécurité. Il n’est ni lâche ni honteux. Il est ancien, profondément enraciné.

Il perçoit aussi le dépôt de responsabilité. S’il parle, des conséquences suivront. Ce dépôt le relie à l’élan de maturité et d’engagement. Il sent qu’il porte quelque chose qui le dépasse, une histoire, une parole qui ne lui appartient pas entièrement.

Enfin, il reconnaît le dépôt de dignité. Ce n’est pas seulement la peur qui le fait hésiter, mais la question intime : ai-je le droit d’être aidé si je ne suis pas irréprochable ? Ce dépôt touche l’élan de reconnaissance et d’estime.

Il comprend alors ceci : la pression extérieure ne crée pas le conflit. Elle réveille plusieurs dépôts sacrés qui demandent à vivre en même temps.


Amana : deuxième levier

Il devient gardien.

Il cesse de chercher quelle part a raison. Il prend la responsabilité sacrée de toutes les entendre.

À la part qui veut se taire, il dit intérieurement :
« Tu as le droit d’exister. Tu protèges ce qui est précieux. Mais tu n’auras plus le pouvoir d’étouffer tout le reste. »

À la part qui veut parler, il dit :
« Tu n’es pas obligée de tout dire, à tous, tout de suite. Ta vérité mérite un espace juste. »

À la part qui se sent coupable, il dit :
« Ta lucidité est précieuse. Mais tu n’es pas la seule voix légitime ici. »

Puis il redessine les territoires.

Il décide que la vérité aura un espace sécurisé : un avocat, un thérapeute, un confident précis. Pas la place publique.
Il décide que la protection ne passera plus par le silence absolu, mais par des limites claires sur ce qui est dit et à qui.
Il décide que la responsabilité ne sera plus une charge écrasante, mais une ligne de conduite.
Il décide que la dignité ne dépendra plus de la perfection, mais de la fidélité à ses engagements.

Ces limites intérieures deviennent des limites extérieures.
Il cesse de répondre à certaines provocations.
Il refuse de se justifier auprès de ceux qui n’écoutent pas.
Il choisit avec soin les lieux où il parle et ceux où il se tait.

Le gardien n’exclut personne. Il attribue à chacun une place viable.


Amana : troisième levier

Le personnage se dote de thèmes symboliques pour guider ses actes.

Il se dit :
« Je suis un seuil. »
Il n’est ni un mur, ni une passoire. Il laisse passer ce qui nourrit, il arrête ce qui détruit.

Il se dit :
« Je suis dépositaire, pas prisonnier. »
Ce que je porte m’a été confié pour vivre, pas pour me dévorer.

Il se dit :
« La vérité n’est pas un cri, c’est une orientation. »

Ces symboles deviennent des boussoles quotidiennes.
Quand il hésite à répondre, il se demande : est-ce que cela ouvre ou est-ce que cela brûle ?
Quand il parle, il cherche la justesse plutôt que la décharge.
Quand il se tait, ce n’est plus par peur, mais par choix.


Amana : quatrième levier

Peu à peu, il se reconnaît.

Il n’est plus l’homme traqué qui subit la vengeance.
Il devient l’homme fidèle à ses dépôts.

Il se reconnaît comme quelqu’un qui protège sans mentir à soi-même.
Quelqu’un qui assume ses zones d’ombre sans s’y réduire.
Quelqu’un qui choisit ses engagements et s’y tient.

Son identité se stabilise.
Il n’est plus défini par ce qu’on lui reproche, mais par ce qu’il honore.


Ce qui a été reconnu intérieurement demande maintenant à vivre dans le réel.


Sulhie : premier levier

Les fables apparaissent.

Il entend sa narration intérieure.
« Si je pose cette limite, je vais aggraver la situation. »
« Si je parle, tout va s’effondrer. »
« Je ne suis pas assez légitime pour demander de l’aide. »
« D’autres ont vécu pire, je devrais encaisser. »
« J’ai déjà fait une erreur, je ne mérite pas la protection. »

Il reconnaît ces pensées comme des tentatives de survie, pas comme des vérités.

Il regarde les faits.
Il a déjà posé des limites par le passé, et le monde n’a pas disparu.
Il a déjà parlé à une personne fiable, et cela a soulagé sans exploser.
Il constate que ce qui l’abîme le plus, ce n’est pas l’action, mais l’évitement.

Il comprend alors qu’il n’a pas à combattre ses pensées.
Il les laisse passer.
Il se recentre sur ce qui compte maintenant : protéger ses dépôts, ici, aujourd’hui.


Sulhie : deuxième levier

Vient l’inconfort.

Il pose une limite. Sa voix tremble.
Il dit non. Son ventre se noue.
Il refuse une discussion inutile. Son cœur bat trop vite.

Il reste.
Il ne se justifie pas.
Il respire dans la tension.

La peur ne disparaît pas immédiatement.
Mais elle cesse de gouverner.

À force d’expositions successives, quelque chose se détend.
La crispation cède la place à une fermeté douce.
La maturité émotionnelle s’installe non par contrôle, mais par présence répétée.


Sulhie : troisième levier

Les parties en conflit se réconcilient.

La part qui voulait se taire voit que la parole peut être contenue.
La part qui voulait parler voit qu’elle est respectée.
La part coupable voit qu’elle est entendue sans être souveraine.

Le personnage se rassemble.
Il n’est plus éparpillé.
Il agit depuis un centre.


Sulhie : quatrième levier

L’action devient fluide.

Il agit sans tension inutile.
Il pose des gestes simples.
Il envoie un message clair.
Il change une habitude.
Il consulte une personne ressource.
Il se retire d’un espace toxique.

Il s’habite avec tendresse.
Il n’épuise plus ses réserves.
Il agit depuis sa source.


Sulhie : cinquième levier

Et il constate.

Le monde ne s’est pas effondré.
Les dépôts sacrés sont honorés.
Les limites tiennent.
Les relations se réajustent. Certaines se perdent, d’autres se renforcent.
Il n’est plus fusionné à ses pensées.
Il a traversé l’inconfort sans se renier.
Chaque part de lui sait désormais qu’elle compte.

La vengeance n’a plus de prise intérieure.
Le conflit est résolu, non parce que l’autre a changé,
mais parce que le personnage s’est tenu.

S’il est encore visé, il n’est plus atteint au même endroit.
Et cela change tout.

Le Gardien du Seuil, une nouvelle littéraire sur les conflits internes dus au fait d’être visé par vengeance

Paris, mars 2025. La ville n’avait pas changé, et pourtant tout semblait différent. Les façades haussmanniennes continuaient de surveiller les trottoirs…

Illustration d'une Nouvelle contemporaine à Paris en 2025 sur la vengeance, la peur et la reconstruction intérieure, où un homme affronte la menace et retrouve sa liberté en restant fidèle à lui-même enfin.