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être agressé par un inconnu

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être agressé par un inconnu

Je te jure que je ne reconnais plus la ville. Je marche et, sous les façades, tout me paraît avoir une arrière pensée…

Application de l’amana et de la sulhie

Voici une proposition de résolution incarnée du conflit « être agressé par un inconnu », inspirée du dialogue précédent, en prenant une lutte interne précise :

Lutte interne choisie :
Le personnage est partagé entre le désir de se protéger en se fermant au monde et le besoin profond de rester ouvert, vivant, relié aux autres.

Le chemin se fait en deux temps vivants : l’Amana (la garde sacrée intérieure) puis la Sulhie (la réconciliation incarnée dans l’action).

Amana : premier levier : reconnaître les dépôts sacrés en conflit

Après l’agression, Paul sent deux forces intérieures s’affronter.

La première est le Dépôt de Sécurité.
Il est relié à l’élan vital de préservation.
Son besoin supérieur est la continuité de la vie, la stabilité, le repos du système nerveux.
Ce dépôt s’exprime par la vigilance, l’évitement, parfois le repli.
Depuis l’agression, il s’agite violemment : il veut fermer les portes, réduire les sorties, surveiller chaque visage.

La seconde est le Dépôt de Lien et d’Ouverture.
Il est relié à l’élan vital de relation.
Son besoin supérieur est l’appartenance, la chaleur humaine, la confiance partagée.
Il s’exprime par la rencontre, la parole, la présence au monde.
Depuis l’agression, il est blessé, mais toujours vivant : il souffre de se voir étouffé.

L’événement extérieur n’a pas créé le conflit.
Il a activé deux dépôts sacrés, tous deux légitimes, tous deux nécessaires.
Le drame intérieur vient de leur collision sans médiation.

Paul comprend alors une chose essentielle :
aucune de ces parts n’est ennemie.
Chacune porte une fidélité à la vie.


Amana : deuxième levier : le gardien redessine les territoires

Paul découvre en lui une fonction plus profonde : le gardien.
Non pas un juge, mais un responsable sacré.

Le Dépôt de Sécurité se sentait contraint :
il croyait devoir tout contrôler, partout, tout le temps, pour survivre.
Il s’était étendu sans limite.

Le Dépôt de Lien se sentait étouffé :
il n’avait plus d’espace pour respirer, parler, aimer.

Le gardien intervient.

Il dit intérieurement à la Sécurité :
« Tu n’as pas à gouverner tout mon être. Tu as le droit d’exister, mais pas de m’enfermer. »

Il lui attribue un territoire clair :
les lieux, les horaires, les situations où la vigilance est juste.
Par exemple : marcher attentivement la nuit, choisir des environnements sûrs, apprendre des gestes de protection.

Il dit intérieurement au Lien :
« Tu n’as pas disparu. Tu as droit à ton espace, même après la peur. »

Il lui redonne un territoire vivant :
les relations choisies, la parole intime, les lieux où la confiance peut se reconstruire.

Puis le gardien pose des limites intérieures claires, que Paul devra porter dans sa vie quotidienne :
– Je n’ai pas à me justifier de poser une limite.
– Je peux dire non sans être hostile.
– Je peux dire oui sans me mettre en danger.

Ces limites deviennent des lignes de conduite, simples, stables.


Amana : troisième levier : les thèmes symboliques qui guident l’action

Pour rester fidèle à ce travail intérieur, Paul choisit des symboles guides.

Il choisit la Porte :
ni mur, ni brèche. Une porte se ferme quand il le faut, s’ouvre quand c’est juste.

Il choisit la Lampe :
la vigilance comme lumière, non comme projecteur agressif. Voir sans traquer.

Il choisit le Cercle :
l’espace relationnel choisi, où l’on entre par consentement mutuel.

Ces symboles orientent ses comportements :
il ralentit avant d’entrer dans un lieu,
il respire avant de répondre,
il choisit consciemment à qui il se rend disponible.


Amana : quatrième levier : retrouver l’identité par la fidélité aux dépôts

Peu à peu, Paul ne se définit plus comme « victime » ni comme « homme méfiant ».
Il se reconnaît comme gardien vivant de ses dépôts sacrés.

Son identité se reforme autour d’engagements simples :
– protéger la vie sans l’éteindre
– rester ouvert sans se livrer
– honorer la peur sans lui obéir

Il retrouve une cohérence intérieure.
Il se sent entier, même vulnérable.


Sulhie : premier levier : fables intérieures et lucidité

Lorsque Paul doit poser une limite concrète, les fables surgissent.

« Si je dis non, je vais provoquer un conflit. »
« Je ne suis pas assez fort pour assumer ça. »
« Avant, j’évitais, et je survivais quand même. »
« Ce n’est pas si grave, je peux encaisser. »

Il reconnaît ces pensées comme des tentatives de protection anciennes, non comme des vérités.

Il oppose les faits aux fables :
Fait : dire non n’a jamais tué Paul.
Fait : éviter a nourri sa peur.
Fait : ce qui compte maintenant, c’est l’intégrité, pas l’approbation.

Il laisse passer les pensées, sans les combattre, sans leur donner les rênes.
Il revient à la question simple :
« Qu’est-ce qui honore mes dépôts, ici et maintenant ? »


Sulhie : deuxième levier : maturité émotionnelle et exposition douce

Quand il exprime ses limites, l’inconfort est là.
Le cœur bat plus vite.
La voix tremble parfois.
La peur murmure : « Replie-toi. »

Paul reste.

Il respire.
Il ne se corrige pas.
Il ne se justifie pas.

Il vit plusieurs scènes simples :
dire qu’il préfère partir plus tôt,
demander de l’espace dans une conversation intrusive,
refuser une situation où il ne se sent pas en sécurité.

À chaque fois, l’inconfort monte… puis redescend.
Le corps apprend qu’il peut traverser sans fuir.

La crispation laisse place à une douceur ferme.
La peur cesse d’être une urgence, devient une information.


Sulhie : troisième levier : réconciliation des parties

À l’intérieur, Paul rassemble ce qui était dispersé.

Il dit à la Sécurité :
« Tu vois, je t’écoute. Je t’exprime sans t’exagérer. »

Il dit au Lien :
« Tu vois, je te permets d’exister sans te sacrifier. »

Chaque part retrouve sa place.
Aucune n’est rejetée.
Aucune ne déborde.

C’est une paix vivante, pas un silence forcé.


Sulhie : quatrième levier : l’agir par relâchement

Paul agit désormais sans tension inutile.

Il ne force pas.
Il ne prouve rien.
Il n’épuise pas ses réserves.

Ses gestes sont simples :
changer de trottoir sans honte,
regarder quelqu’un dans les yeux sans défi,
parler calmement, partir si nécessaire.

Sa force vient de la source retrouvée :
les besoins honorés, les élans vitaux réconciliés.

C’est une action qui ne fatigue pas, parce qu’elle ne lutte plus contre lui-même.


Sulhie : cinquième levier : le constat vivant

Avec le temps, Paul observe.

Le monde ne s’est pas écroulé.
Les relations ont gagné en clarté.
Certaines se sont éloignées, d’autres se sont approfondies.

Ses dépôts sacrés sont honorés.
Ses limites tiennent.
Il est resté fidèle à ce qu’il a reconnu comme essentiel.

Il a dépassé la fusion avec ses pensées.
Il a traversé l’inconfort sans s’abandonner.
Il a réconcilié ses parts au lieu de les faire taire.
Il agit avec douceur, ouverture, stabilité.

Le conflit est résolu, non parce que l’agression n’a plus d’existence,
mais parce qu’elle ne gouverne plus son être.

Paul ne vit plus sous la peur.
Il vit avec elle, à sa juste place.

La ville n’a pas repris ce qui m’a été confié, une nouvelle littéraire sur le fait d’être agressé par un inconnu

La pluie venait de s’arrêter sur Nantes. Elle laissait derrière elle une odeur de pierre humide et de feuilles écrasées

Illustration d'une Nouvelle littéraire située à Nantes en 2025 sur une agression par un inconnu, la peur, la reconstruction intérieure et la réconciliation par l’Amana et la Sulhie.
Illustration d’une Nouvelle littéraire située à Nantes en 2025 sur une agression par un inconnu, la peur, la reconstruction intérieure et la réconciliation par l’Amana et la Sulhie.