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se faire arnaquer

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se faire arnaquer

Tu as l’air de porter une valise invisible, mon cher, et je n’aime pas ce poids-là. Parle…

application de l’Amana et de la sulhie

Voici une proposition de résolution incarnée du conflit “SE FAIRE ARNAQUER”, inspirée du dialogue précédent, en prenant une lutte interne précise :

« Le personnage sur-analyse tout, devient aversif au risque et joue la sécurité plus que de raison. »

La résolution se fait pas à pas par l’Amana (la garde intérieure des dépôts sacrés) puis par la Sulhie (leur mise en paix vivante dans le réel).


Amana : Premier levier

Reconnaître les dépôts sacrés en jeu

Après l’arnaque, le personnage croit que son problème est la perte d’argent. En vérité, ce qui s’agite en lui est plus profond. Plusieurs dépôts sacrés ont été touchés.

Il reconnaît d’abord le dépôt de sécurité : le besoin vital de protection, de stabilité, de continuité. Ce dépôt s’est affolé parce qu’il a été trahi. Il cherche désormais à tout verrouiller, à tout contrôler, quitte à étouffer la vie.

Il reconnaît ensuite le dépôt de discernement : cette capacité à juger, à choisir, à décider. L’arnaque a blessé ce dépôt, qui doute maintenant de sa propre valeur et se replie dans la sur-analyse permanente.

Il reconnaît aussi le dépôt de confiance relationnelle : la faculté d’entrer en lien sans suspicion excessive. Celui-ci se sent profané, exposé, et réclame réparation par la méfiance.

Enfin, il découvre le dépôt de croissance : l’élan vital qui pousse à avancer, à tenter, à s’exposer au monde. Celui-ci est aujourd’hui muselé par la peur.

Il comprend alors une chose décisive :
la peur qui le paralyse n’est pas une ennemie, mais l’expression désordonnée de dépôts sacrés blessés.


Amana : Deuxième levier

Le gardien assume sa dignité et redessine les territoires

Le personnage cesse de vouloir faire taire ces parties. Il endosse le rôle du gardien. Non pas un juge, mais un responsable.

Il écoute la peur et lui dit :
« Tu n’as pas à décider de tout. Ton rôle est de signaler, pas de gouverner. »

Il parle au discernement blessé :
« Tu as fait une erreur, pas une trahison. Tu gardes ta légitimité à choisir. »

Il s’adresse à la méfiance :
« Tu protégeras mes frontières, mais tu ne couperas pas mes relations. »

Puis il redessine les territoires intérieurs.

Il pose des limites claires
La peur aura droit à la vigilance, mais pas à l’immobilisme.
Le discernement décidera après vérification, pas après rumination infinie.
La confiance ne sera plus aveugle, mais elle restera possible.
La croissance aura droit à des risques mesurés, jamais à l’auto-sabotage.

Ces limites deviennent concrètes
Il décide qu’il vérifiera toute proposition importante auprès de deux sources.
Il décide qu’il ne prendra plus de décision sous urgence imposée.
Il décide qu’il se donnera un temps limité pour réfléchir, puis tranchera.
Il décide qu’il continuera à investir dans des projets, mais avec des critères clairs.

Ces limites, il sait qu’il devra les porter à l’extérieur
dire non à une opportunité floue
demander un délai sans se justifier
refuser de répondre immédiatement
poser des questions sans honte


Amana : Troisième levier

Les thèmes symboliques qui guident désormais sa conduite

Pour se guider, le personnage choisit des images intérieures.

Il se voit comme un port
ouvert aux navires, mais avec des règles d’amarrage.

Il adopte le thème de la porte
ouverte le jour, fermée la nuit, jamais arrachée de ses gonds.

Il choisit la figure du jardin
où certaines plantes entrent librement, d’autres doivent être observées avant d’être plantées.

Ces symboles deviennent des repères dans son quotidien
Quand une proposition arrive, il se demande
« Est-ce un navire connu ou inconnu »
« Est-ce une graine compatible avec mon sol »
« Est-ce que je suis dans le jour ou dans la nuit »


Amana : Quatrième levier

Retrouver son identité par la fidélité aux dépôts

En honorant ces dépôts, le personnage cesse de se définir comme une victime.
Il se reconnaît comme gardien de sa vie intérieure.

Son identité se reforme
Il est quelqu’un qui choisit avec lenteur, mais pas avec peur.
Quelqu’un qui protège sans s’enfermer.
Quelqu’un qui apprend sans se renier.

Il retrouve sa dignité non par le contrôle, mais par la fidélité à ce qui lui a été confié.


Sulhie : Premier levier

Fables intérieures et lucidité

Quand vient le moment d’appliquer ses limites, les fables surgissent.

« Si je dis non, je vais passer pour paranoïaque. »
« Je me suis déjà trompé, je ne suis pas fiable. »
« Les autres savent mieux que moi. »
« Il vaut mieux ne rien tenter que risquer encore. »

Il reconnaît ces pensées comme des récits, non comme des faits.

Les faits sont simples
Il a appris.
Il a posé des règles.
Il n’est pas obligé d’agir vite.
Il n’est pas obligé de se justifier.

Il laisse les pensées passer
sans débattre
sans s’y opposer
sans leur donner le volant

Il revient à ce qui compte ici et maintenant
la clarté
la cohérence
le respect de soi


Sulhie : Deuxième levier

Maturité émotionnelle et traversée de l’inconfort

Dire non lui serre la poitrine.
Demander un délai lui donne chaud.
Questionner une proposition réveille la peur d’être jugé.

Il reste.
Il respire.
Il n’agit pas pour faire disparaître l’émotion.

La première fois, l’inconfort est intense.
La deuxième, il dure moins longtemps.
La troisième, il devient familier.

Peu à peu
la crispation se relâche
la voix se stabilise
le corps comprend qu’il ne meurt pas

La maturité s’installe non par force, mais par répétition douce.


Sulhie : Troisième levier

Réconciliation des parties

La peur est rassurée
elle voit que le gardien agit.

Le discernement se redresse
il retrouve sa place de décideur.

La confiance se détend
elle n’est plus naïve, mais vivante.

La croissance respire
elle peut avancer sans se sacrifier.

Le personnage ne lutte plus contre lui-même
il se rassemble.


Sulhie : Quatrième levier

L’agir conscient et relâché

Il agit sans dureté
il dit non calmement
il pose ses conditions
il prend le temps

Son action ne l’épuise plus
elle s’alimente à la source
celle des besoins honorés
des élans vitaux rétablis

Il agit avec une force douce
stable
non défensive


Sulhie : Cinquième levier

Constat et résolution

Le monde ne s’est pas effondré.

Les relations se sont clarifiées.
Certaines propositions ont disparu.
D’autres, plus saines, sont apparues.

Les dépôts sacrés sont honorés.
Les limites tiennent.
Les engagements sont vécus.

Il a dépassé la fusion avec ses pensées.
Il a traversé l’idée qu’il devait s’éviter pour survivre.
Il a montré à chaque partie intérieure qu’elle comptait.

Le conflit est résolu
non parce que le passé a disparu
mais parce que la vie circule à nouveau,
libre, tenue, et paisible.

la dernière signature, une nouvelle littéraire sur le fait de se faire arnaquer

New York, 2023.
La ville vibrait comme une mécanique trop bien huilée…

Illustration d'une Nouvelle littéraire située à New York : un homme d’affaires arnaqué à la veille de sa retraite transforme la perte en lucidité grâce à l’Amana et la Sulhie.