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faire un choix difficile pour le bien de l’autre

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faire un choix difficile pour le bien de l’autre

Tu sais ce qui me tue, au fond Ce n’est pas la décision elle même C’est l’odeur morale qu’elle laisse sur les mains…

Application de l’amana et de la sulhie

Voici une proposition de résolution incarnée et progressive du conflit
« faire un choix difficile pour le bien de l’autre »,
à partir d’une lutte interne précise et en la traversant pas à pas par l’Amana puis la Sulhie.

Lutte interne possible retenue
Le personnage est paralysé par des points de vue contradictoires et se demande sans cesse si la décision prise est la bonne.
Il oscille entre compassion immédiate et responsabilité à long terme.
Il craint d’outrepasser ses droits affectifs et redoute d’être perçu comme un traître ou un bourreau.

Situation concrète
Le personnage doit organiser une intervention pour un proche toxicomane.
S’il agit, il risque de perdre la relation.
S’il n’agit pas, il se rend complice d’une lente destruction.


Amana : premier levier

Reconnaître les dépôts sacrés en présence

Le personnage cesse d’analyser la situation comme un problème à résoudre et commence à la percevoir comme une cohabitation de dépôts sacrés confiés à sa garde.

Il identifie plusieurs dépôts vivants en lui :

Le dépôt de l’amour et de l’attachement
Ce dépôt porte le besoin supérieur de lien, de proximité, de fidélité.
Il s’exprime par la peur de blesser, la crainte de trahir, le désir de protéger la relation telle qu’elle a existé.

Le dépôt de la responsabilité
Il restitue l’élan vital de protection et de continuité.
Il se manifeste par l’intuition claire que laisser faire serait une faute, même silencieuse.

Le dépôt de la dignité
Il porte le besoin supérieur d’intégrité.
Il s’active chaque fois que le personnage se sent obligé de mentir par omission ou de se taire contre sa conscience.

Le dépôt de la vie elle-même
Il est plus discret mais plus profond.
Il restitue l’élan vital de préservation du vivant, au-delà du confort relationnel immédiat.
Il se manifeste par cette pensée persistante : « s’il lui arrive quelque chose et que je n’ai rien fait, je ne me le pardonnerai pas ».

Le personnage comprend alors une chose essentielle :
la pression extérieure ne crée pas le conflit, elle réveille ces dépôts qui cherchent tous à vivre.


Amana : deuxième levier

Le gardien redessine les territoires

Jusqu’ici, ces dépôts se vivaient comme ennemis.
L’amour accusait la responsabilité d’être cruelle.
La responsabilité reprochait à l’amour d’être lâche.
La dignité étouffait sous la peur du rejet.

Le personnage assume alors sa fonction de gardien sacré.

Il ne choisit pas un dépôt contre les autres.
Il leur rend à chacun un territoire légitime.

Il pose intérieurement des limites claires :

À l’amour, il dit
« Tu as le droit d’exister, mais tu n’as pas le droit de me rendre complice de la destruction de l’autre. Tu resteras amour, mais tu ne seras plus silence. »

À la responsabilité, il dit
« Tu guideras mes actes, mais tu ne m’autoriseras ni à humilier ni à écraser. Tu seras ferme sans être violente. »

À la dignité, il dit
« Tu ne dépendras plus de l’approbation de l’autre. Tu existeras même dans le rejet. »

À la vie, il dit
« Tu es le seuil non négociable. Quand tu es menacée, j’agis. »

Ces limites deviennent des repères internes stables, que le personnage portera ensuite à l’extérieur :

Il ne promet plus de sauver la relation.
Il promet seulement de rester juste.
Il ne cherche plus à être aimé.
Il choisit d’être fiable.


Amana : troisième levier

Les thèmes symboliques comme boussoles

Le gardien donne maintenant des images directrices pour guider l’action.

Le personnage adopte intérieurement certains thèmes :

Le phare
Il n’est pas le navire.
Il ne sauve pas à la place de l’autre.
Il éclaire, même si certains détournent le regard.

La porte
Il ne force pas le passage.
Il ouvre, il annonce, il se tient là.
Entrer reste un choix.

La main ouverte
Il n’agrippe plus.
Il ne retient plus par la peur.
Il offre un appui sans capturer.

Ces symboles guident son comportement quotidien
le ton posé
la parole simple
l’absence de justification excessive
la constance sans rigidité


Amana : quatrième levier

Retrouver son identité par fidélité aux dépôts

En honorant ces dépôts, le personnage cesse de se vivre comme un traître ou un bourreau.

Il se reconnaît comme
quelqu’un qui aime sans se nier
quelqu’un qui protège sans contrôler
quelqu’un qui agit sans se dissoudre

Son identité se stabilise
Il n’est plus celui qui hésite indéfiniment.
Il est celui qui porte.

Il retrouve une fidélité profonde
non pas à l’issue
mais à ce qu’il est appelé à incarner.


Sulhie : premier levier

Fables et lucidité

Lorsque vient le moment d’agir, les fables apparaissent.

« Ce n’est peut-être pas si grave. »
« J’ai déjà essayé, ça n’a servi à rien. »
« Je ne suis pas la bonne personne pour faire ça. »
« Il va me détester pour toujours. »
« Qui suis-je pour juger ? »

Il reconnaît ces pensées comme des narrations de protection, non comme des vérités.

Il oppose les faits
La situation s’aggrave.
Les signaux sont clairs.
Le silence n’a rien amélioré.
Son rôle n’est pas de juger, mais de signifier.

Il laisse les pensées passer.
Il ne lutte pas contre elles.
Il revient à ce qui compte maintenant
honorer la vie
honorer la dignité
honorer l’amour vrai


Sulhie : deuxième levier

Maturité émotionnelle et séjour dans l’inconfort

Lorsqu’il parle, l’inconfort est là
le cœur bat
les mains tremblent
la voix hésite

Il ne fuit pas.
Il ne corrige pas.
Il reste.

La première fois, l’inconfort est intense.
La deuxième, il dure moins longtemps.
La troisième, il est présent mais traversable.

Peu à peu
la crispation se transforme en chaleur
la peur en gravité calme
la tension en respiration plus ample

La maturité émotionnelle s’installe
non par disparition de la peur
mais par capacité à la porter sans s’effondrer.


Sulhie : troisième levier

Réconciliation des parties

Après l’acte, le personnage rassemble ses parties.

Il dit à l’amour
« Tu as été honoré autrement. Tu n’as pas été sacrifié. »

À la responsabilité
« Tu as agi sans écraser. »

À la dignité
« Tu es restée droite, même sans reconnaissance. »

À la vie
« Tu as été servie. »

Le conflit intérieur cesse de l’éparpiller.
Il devient un axe.


Sulhie : quatrième levier

Agir par relâchement et douceur

Le personnage continue d’agir
mais sans dureté.

Il écoute sans sauver.
Il parle sans convaincre à tout prix.
Il soutient sans s’épuiser.

Son action ne fatigue pas
car elle ne vient plus de la peur
mais de la source
les besoins supérieurs restaurés des élans vitaux

Il agit avec une force douce
qui ne s’oppose pas
qui ne force pas
qui tient.


Sulhie : cinquième levier

Constat vivant de la résolution

Le personnage constate alors :

Le monde ne s’est pas effondré.
Certaines relations ont changé, mais il est resté entier.
Les dépôts sacrés ont été honorés.
Les limites posées intérieurement ont trouvé leur place à l’extérieur.
Il n’est plus fusionné à ses pensées.
Il a traversé l’inconfort sans se fuir.
Chaque partie de lui a été écoutée et reconnue.
Il a agi avec ouverture, relâchement et douceur.

Et surtout
le conflit est résolu
non parce que tout va bien
mais parce que plus rien ne se trahit à l’intérieur.

C’est cela, la véritable résolution du choix difficile pour le bien de l’autre
ne plus se perdre en faisant ce qui doit être fait.

La limite qui éclaire, une nouvelle littéraire sur le fait de faire un choix difficile pour le bien de l’autre

Oslo, janvier 2025. La ville avait cette beauté sévère qui ne cherche pas à séduire…

Illustration d'une Nouvelle littéraire située à Oslo en 2025 sur un choix moral déchirant, où l’amour véritable passe par des limites justes, la responsabilité et la fidélité à soi.