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une rupture ou un divorce

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une rupture ou un divorce

Tu as cette pâleur des jours où l’on a perdu une bataille et où l’on n’ose pas encore prononcer le mot défaite …

application de l’Amana et de la sulhie

It all started in our parents garage…

Voici une proposition de résolution incarnée, à la fois analytique et vivante, du conflit intérieur lié à la peur de ne plus jamais aimer ni être aimé, l’une des luttes internes possibles après une rupture.
Le texte suit pas à pas l’Amana puis la Sulhie, comme un mouvement intérieur qui devient un agir posé dans le monde.


Lutte interne choisie : la peur de ne plus jamais aimer ni être aimé

Julien ne le formulait pas toujours ainsi, mais cette peur gouvernait ses gestes. Elle se glissait dans ses silences, dans sa façon de relire le passé, dans son évitement de toute rencontre véritable. Ce n’était pas seulement la perte de l’autre qui le faisait souffrir, mais la menace sourde que cette perte dise une vérité définitive sur lui.

AMANA : PREMIER LEVIER

Julien commence par reconnaître que ce qui s’agite en lui n’est pas un défaut, mais un dépôt sacré.

Il voit d’abord le dépôt du lien, cette capacité profonde à aimer, à s’attacher, à se projeter. Ce dépôt restitue l’élan vital de l’appartenance, avec son besoin supérieur d’intimité vraie. La rupture l’a touché là, non parce qu’il serait faible, mais parce que ce dépôt est vivant.

Il reconnaît aussi le dépôt de la fidélité, non seulement à l’autre, mais à la promesse qu’il s’était faite d’être un homme engagé, constant, fiable. Ce dépôt renvoie à l’élan de sens, au besoin supérieur de cohérence intérieure. La séparation a remué ce dépôt comme une trahison de soi.

Un troisième dépôt apparaît : celui de la sécurité affective, enraciné dans l’élan vital de stabilité. Julien comprend que sa peur actuelle n’est pas une peur de l’amour, mais une peur de l’insécurité que l’amour réveille quand il est menacé.

Même la pression extérieure , les amis qui avancent, les couples heureux, le temps qui passe , n’est plus perçue comme une agression, mais comme un révélateur. Elle agite en lui ces dépôts parce qu’ils demandent à être reconnus, non étouffés.

À ce stade, Julien cesse de se juger. Il ne se dit plus « je suis incapable d’aimer », mais « quelque chose de précieux en moi cherche à être protégé ».


AMANA : DEUXIÈME LEVIER

Julien devient alors le gardien de ces dépôts.

Il observe que, dans sa représentation intérieure, le dépôt du lien est écrasé par une autre partie de lui : la partie prudente, méfiante, qui veut éviter toute nouvelle blessure. Cette partie n’est pas ennemie, elle aussi protège un dépôt, celui de la survie émotionnelle. Mais elle a pris trop de place.

En tant que gardien, Julien se sent désormais digne et légitime pour redessiner les territoires.

Il pose une première limite intérieure :
« La peur a le droit de m’informer, mais plus le droit de décider à ma place. »

Il attribue un nouvel espace au dépôt du lien : il pourra s’exprimer sans obligation de résultat, sans promesse immédiate. Aimer ne signifie plus s’engager aveuglément, mais rester ouvert.

Il redéfinit aussi le territoire de la fidélité :
« Je ne serai plus fidèle à une histoire passée au point de m’y enfermer. Je serai fidèle à ce qui me rend vivant aujourd’hui. »

Ces limites deviennent des lignes de conduite extérieures. Julien sait qu’il devra les porter concrètement :
ne plus accepter des conversations où l’on dénigre son désir d’aimer
ne plus se forcer à paraître détaché quand il ne l’est pas
ne plus se raconter qu’il est « trop tard » pour lui

Le gardien n’élimine aucune partie. Il écoute toutes les voix, mais il leur donne à chacune une place juste.


AMANA : TROISIÈME LEVIER

Le travail du gardien s’incarne ensuite dans des thèmes symboliques.

Julien choisit l’image du pont. Non plus le pont fragile jeté trop vite entre deux rives, mais le pont solide que l’on construit pilier après pilier. Cette image guide ses comportements : avancer lentement, vérifier ses appuis, accepter la traversée sans se précipiter.

Il adopte aussi le thème de la demeure intérieure. Avant d’inviter quelqu’un à entrer, il apprend à habiter ses propres pièces. Ranger ce qui doit l’être, laisser ouvertes certaines fenêtres, fermer d’autres portes sans culpabilité.

Ces symboles l’aident à exprimer au monde une posture nouvelle : calme, ouverte, non mendiante. Il ne cherche plus à convaincre qu’il est aimable. Il se tient là, simplement.


AMANA : QUATRIÈME LEVIER

En accomplissant ces trois premiers leviers, Julien retrouve son identité.

Il ne se définit plus comme « quitté », mais comme gardien de ses engagements. Il se reconnaît dans sa fidélité aux dépôts confiés : aimer, se respecter, se rendre disponible sans se perdre.

Sa peur de ne plus jamais aimer perd son pouvoir. Elle existe encore parfois, mais elle n’est plus confondue avec son identité. Julien sait désormais qui il est, même quand il a peur.


SULHIE : PREMIER LEVIER

Viennent alors les fables intérieures.

Julien les reconnaît :
« Je suis trop abîmé. »
« Si j’ouvre mon cœur, je souffrirai encore. »
« Les autres sont plus intéressants que moi. »
« J’ai déjà échoué, donc j’échouerai encore. »

Il observe comment ses pensées s’appuient sur des fragments du passé, des disputes, des silences, des mots blessants, pour justifier l’évitement.

Puis il distingue les faits des fables.
Fait : il a aimé profondément.
Fait : il a traversé une rupture et il est encore là.
Fait : aucune loi ne prouve qu’un amour passé empêche un amour futur.

Il comprend que ces pensées ne sont que des pensées. Il les entend, il ne les combat pas, il ne leur donne plus la barre. Il se recentre sur ce qui compte maintenant : être fidèle à ses dépôts, ici et maintenant.


SULHIE : DEUXIÈME LEVIER

Julien accepte l’inconfort émotionnel.

La première fois qu’il exprime une limite claire — dire non à une relation ambiguë, ralentir un rapprochement, parler de ses besoins — son corps tremble. Son cœur bat trop vite. L’envie de fuir est là.

Il reste.

Il respire.

Il découvre que l’émotion monte, puis redescend.

À force d’expositions successives, la peur perd de son intensité. Ce qui était crispation devient vigilance douce. La maturité émotionnelle s’installe : Julien n’attend plus de se sentir prêt pour agir, il agit et se découvre capable.


SULHIE : TROISIÈME LEVIER

Les parties en conflit se réconcilient.

La part de lui qui veut aimer est entendue.
La part qui veut se protéger aussi.

Julien leur parle intérieurement :
« Tu peux désirer sans te sacrifier. »
« Tu peux te protéger sans m’enfermer. »

Chacune reçoit une nouvelle délimitation. Elles cessent de se battre pour le contrôle. Le personnage, autrefois éparpillé, se rassemble.


SULHIE : QUATRIÈME LEVIER

Vient l’agir conscient, doux, relâché.

Julien agit sans tension. Il rencontre, parle, s’engage à hauteur de ce qui est juste. Il ne force rien. Il ne se ferme pas. Sa force ne vient plus de la résistance, mais de la source : ses besoins vitaux restaurés.

Ses gestes ne fatiguent pas. Ils nourrissent.


SULHIE : CINQUIÈME LEVIER

Julien constate.

Le monde ne s’est pas écroulé.
Ses dépôts sacrés sont honorés.
Ses limites tiennent.
Ses engagements le soutiennent.

Il a dépassé la fusion avec ses pensées.
Il a traversé l’inconfort sans s’abandonner.
Il a parlé à ses parts avec respect.
Il a agi avec douceur et fermeté.

Et dans cette fidélité tranquille, le conflit se résout.
Non parce que la peur a disparu, mais parce qu’elle n’est plus souveraine.

Julien n’a pas seulement survécu à la rupture.
Il est devenu gardien vivant de ce qui, en lui, demande à aimer encore.

La couture invisible du pont, une nouvelle littéraire sur les conflits internes dûs à la rupture amoureuse ou le divorce

Berlin, 1984. La ville avait deux poumons et un seul souffle. D’un côté, les néons de Kurfürstendamm, les vitrines pleines…

Illustration d'une Nouvelle littéraire à Berlin dans les années 1980 : une rupture se transforme en réconciliation intérieure grâce à l’Amana et la Sulhie, entre dignité, limites et douceur.