Zoom : le defaut fatal

Le cerveau, gardien malgré lui du défaut fatal

LES GENEralisationS

Pour nous éviter les conséquences trop amères d’hier, le cerveau anticipe, prévient, détourne.
Parmi ses mécanismes, l’un des plus subtils consiste à généraliser : il transpose l’expérience initiale à toute situation qui lui ressemble, s’appuyant sur le langage pour construire des « réalités » individuelles où l’ancien vécu colore le présent.

un bouclier émotionnel

Sur les fondations du système nerveux, il érige un bouclier d’émotions, avec la peur pour pierre angulaire. Ce rempart invisible oriente nos actes, inspire des retraits, impose des silences. Il caractérise l’évitement, cherche avant tout à nous tenir éloigné de ce qui rappelle, même de loin, l’épisode originel comme si tout écho du passé portait la même menace

tissé comme un destin

Ce qui n’était qu’une stratégie prudente devient, par le jeu des analogies, une trame qui se répand. L’évitement déborde, envahit des territoires qui devraient être ceux de l’épanouissement.

Le Soi se fragmente, se dérobe à lui-même, tandis que le cerveau, convaincu d’agir pour le mieux, enracine l’évitement comme un fil de vie. À force de répétition, ce fil finit par ressembler à un destin.

une cohérence tragique

Le défaut fatal se révèle dans les moments de bascule. Là où il faudrait franchir le seuil, oser davantage, il nous ramène vers nous-mêmes, vers nos limites, vers ce que nous n’avons jamais su dompter.
Ainsi, le défaut fatal n’est pas seulement une faiblesse :
c’est la cohérence tragique d’un être, la loi silencieuse qui fait vaciller une vie au moment même où elle pensait s’élever, où le destin, doucement mais inexorablement, se referme.

On peut vivre avec ses failles… tant que les enjeux sont faibles.
Mais dès qu’une situation est cruciale (amour, argent, carrière, confrontation) le défaut fatal pilote la décision clé, et c’est là qu’il devient fatal.