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Avoir des difficultés relationnelles

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Avoir des difficultés relationnelles

Tu as encore refusé l’invitation , dit-elle doucement, non pour accuser, mais comme on pose la main sur une fièvre…

application de l’Amana et de la sulhie

Voici une proposition de résolution incarnée de la blessure émotionnelle « avoir des difficultés relationnelles », inspirée du dialogue précédent, en suivant pas à pas l’Amana puis la Sulhie.


Exemple d’incidence : la fuite systématique des relations sociales par peur du rejet

Le personnage a appris à éviter. Éviter les invitations. Éviter les conversations spontanées. Éviter les liens naissants. Cette fuite l’a protégé, mais elle l’a aussi privé. La blessure s’est installée là : dans la confusion entre protection et abandon de soi.

La guérison commence lorsqu’il cesse de se demander comment ne plus avoir peur, et qu’il commence à se demander ce qui lui a été confié et qu’il refuse de laisser mourir.


Premier levier : reconnaître le dépôt sacré qui surpasse les circonstances

Le personnage découvre qu’il n’est pas seulement un être blessé par les relations, mais le récipiendaire d’un dépôt sacré : un élan vital confié, antérieur aux échecs, plus ancien que les rejets.

Chez lui, cet élan est celui du Lien vivant.

Ce dépôt porte plusieurs besoins supérieurs :

  • être relié sans se perdre
  • être reconnu sans se déguiser
  • appartenir sans se dissoudre
  • contribuer par sa singularité

Il comprend alors que, même si les relations ont été douloureuses, le besoin de lien n’a jamais été une erreur.
Ce n’est pas sa sensibilité qui l’a trahi, mais le monde qui n’a pas su l’accueillir à certains moments.

Exemples de reconnaissance du dépôt :

  • Il réalise que son désir d’amitié n’est pas une faiblesse mais un appel fondamental.
  • Il comprend que sa manière fine, lente, attentive d’entrer en relation est une qualité confiée, non un défaut.
  • Il voit que son besoin de sécurité relationnelle n’est pas un caprice, mais une condition de vie pour son élan.

Le dépôt sacré surpasse les circonstances :
les moqueries, les oublis, les maladresses ne peuvent annuler ce qui lui a été confié.


Deuxième levier : le gardien redessine les territoires en conflit

Dans sa représentation intérieure, plusieurs dépôts se sont retrouvés contraints les uns par les autres.

Le besoin de lien a été écrasé par le besoin de sécurité.
Le besoin d’authenticité a été étouffé par le besoin d’acceptation.
Le besoin d’expression a été muselé par la peur du rejet.

Le personnage devient alors gardien de ces dépôts.

Il cesse de les faire taire.
Il les écoute un à un.

Il dit intérieurement :

  • au besoin de lien : « Tu as le droit d’exister »
  • à la peur : « Tu as le droit d’alerter, pas de gouverner »
  • à l’authenticité : « Tu n’as plus à disparaître pour survivre »

Puis il redessine les contours.

Exemples de nouvelles limites intérieures posées par le gardien :

  • La sécurité n’interdit plus toute relation, elle en régule le rythme.
  • L’authenticité ne signifie plus se livrer entièrement, mais se dire justement.
  • Le lien ne demande plus d’être aimé par tous, mais d’être vrai avec quelques-uns.

Ces limites deviennent des repères qu’il portera à l’extérieur :

  • Il s’autorise à refuser une invitation sans se justifier excessivement.
  • Il accepte d’exprimer un inconfort sans s’excuser d’exister.
  • Il choisit des relations où la lenteur est possible.

Il n’élimine aucune partie de lui.
Il leur attribue un territoire viable.


Troisième levier : thèmes symboliques guidant ses comportements

Le gardien inscrit son travail dans des images vivantes qui orientent ses actes.

Quelques thèmes symboliques émergent :

  • le seuil : je n’entre plus partout, mais je n’enferme plus la porte
  • le rythme : je marche à ma cadence, sans courir, sans m’arrêter
  • la voix basse mais juste : je parle peu, mais vrai
  • la maison intérieure : je ne quitte plus ce que je suis pour être accueilli

Ces thèmes deviennent des guides concrets :

  • Il privilégie les rencontres en petit comité.
  • Il ose dire « j’ai besoin de temps » au lieu de disparaître.
  • Il reste présent même quand le silence s’installe.
  • Il n’imite plus pour être accepté.

Quatrième levier : retrouver son identité par la fidélité aux dépôts

À force d’agir en gardien fidèle, le personnage se reconnaît lui-même.

Il ne se définit plus comme « celui qui a des difficultés relationnelles »,
mais comme celui qui honore le lien avec justesse.

Son identité se reforme autour de ses engagements :

  • je ne me trahis plus pour appartenir
  • je ne fuis plus ce qui m’appelle
  • je protège mes dépôts au lieu de les sacrifier

Il n’est plus en quête de normalité.
Il est en fidélité.


Premier levier : fables d’évitement et lucidité

Lorsque vient le moment d’agir, les anciennes fables surgissent :

« Ce n’est pas le bon moment »
« Je vais encore mal faire »
« J’ai toujours été comme ça »
« Les autres sont plus à l’aise que moi »
« Ça va confirmer que je suis inadapté »

Ses pensées convoquent des scènes passées :
un rire mal interprété
un silence trop long
une invitation oubliée

Mais cette fois, il distingue faits et fables.

Les faits :

  • une personne lui a proposé un café
  • son corps est tendu mais présent
  • il a déjà traversé pire et survécu

Les fables :

  • « je vais être rejeté »
  • « je suis un problème »
  • « je dois être parfait »

Il reconnaît que ses pensées ne sont que des pensées.
Il revient à ce qui compte ici et maintenant : honorer son dépôt.

Il laisse passer la narration intérieure sans s’y fondre.


Deuxième levier : maturité émotionnelle et traversée de l’inconfort

Il agit malgré l’inconfort.

Il accepte :
le cœur qui bat trop vite
les mains moites
la voix hésitante

Il ne fuit pas.

Exemples :

  • Il reste à une rencontre même quand l’envie de partir est forte.
  • Il parle lentement, accepte les silences.
  • Il ne se corrige pas frénétiquement.

L’inconfort est intense, puis fluctuant, puis moins envahissant.

À force d’expositions successives :

  • la crispation cède la place à une vigilance douce
  • la peur perd son caractère absolu
  • le corps apprend qu’il peut rester

La maturité émotionnelle s’acquiert :
il ne cherche plus à ne rien ressentir,
il apprend à rester avec ce qu’il ressent.


Troisième levier : réconciliation des conflits internes

Lorsque la peur surgit, il ne la combat plus.

Il rassemble ses parties :

  • la part effrayée
  • la part désireuse de lien
  • la part protectrice

Il leur parle intérieurement :
« Je vous entends. Vous comptez. Voici vos nouvelles limites. »

La peur peut alerter, mais non décider.
Le lien peut appeler, mais non forcer.
La protection peut ralentir, mais non enfermer.

C’est une réconciliation active, vivante.

Il réitère son engagement de gardien.


Quatrième levier : agir par relâchement et douceur

L’action change de nature.

Elle n’est plus un combat.
Elle devient un geste d’ouverture.

Il s’habite avec tendresse.
Il parle sans se presser.
Il agit sans se crisper.

La force ne vient plus de la tension,
mais de la source retrouvée :
les besoins vivants des élans restaurés.

Il découvre une action qui ne fatigue pas.


Cinquième levier : constat et guérison

Il constate alors, dans le réel :

  • le monde ne s’est pas écroulé
  • certaines relations se sont ajustées, d’autres se sont éloignées
  • les dépôts sacrés ont été honorés
  • les limites ont été posées, intérieurement et extérieurement
  • il est resté fidèle à ses engagements
  • il a traversé l’inconfort sans se fuir
  • il a dépassé la fusion avec ses pensées
  • il a rassemblé ses parts au lieu de les sacrifier
  • il a agi avec douceur et constance

Et surtout, il constate ceci :

la blessure n’est plus aux commandes.
Elle est devenue mémoire, non gouvernance.

Il n’est plus celui qui évite les relations.
Il est celui qui choisit le lien juste.

La guérison n’est pas l’absence de peur,
mais la fin de l’abandon de soi.

Et cela, désormais, tient.

La lenteur juste, une nouvelle littéraire sur la blessure emotionnelle d’Avoir des difficultés relationnelles

Avignon, début des années deux mille vingt. La ville avait cette lumière pâle qui glisse sur les pierres anciennes sans jamais s’y accrocher tout à fait

Illustration d'une Nouvelle littéraire située à Avignon dans les années 2020, explorant la blessure des difficultés relationnelles et sa guérison par la fidélité à soi et au lien.