
zoom : l’amana
l’art fidèle à la vie qui veut passer à travers soi
Entrer dans la maison aux mille portes
« Il est des mots qui ne se laissent pas seulement déchiffrer : ils exigent d’être vécus, portés de l’intérieur.
Il est des chemins qui ne s’enseignent ni ne se possèdent, mais se transmettent comme une braise, de souffle en souffle, de cœur en cœur.
L’Amana appartient à cette lignée secrète. »
Au sein du Cœur aux Mille Portes, nous forgeons parfois des mots, ou les réveillons, lorsque surgit la nécessité de nommer une porte entrouverte. Non pour prélever des fragments de traditions anciennes, ni pour les figer, mais pour désigner des seuils d’ouverture, des repères symboliques qui accompagnent la traversée et tissent la cohérence du lieu.
Cette page se veut un rapprochement, un resserrement du regard. Elle est une chambre retirée, offerte à celui qui consent à la lenteur. Elle ne dispense ni formules rapides ni vérités prêtes à l’usage. Elle propose mieux : une architecture intérieure, une manière d’habiter les tensions intimes sans s’y perdre, en demeurant fidèle à la vie qui cherche, inlassablement, à passer à travers nous.
« Car l’Amana n’est ni l’éradication de la peur,
ni l’illusion d’une perfection sans faille.
Elle est un pacte silencieux de confiance,
né du fait que quelque chose de plus vaste que soi
a été confié, et demande à être gardé, honoré, transmis. »
Étymologie et souffle premier de l’Amana
Le mot Amana trouve ses racines dans une constellation de sens anciens :
confiance, dépôt confié, mandat sacré, fidélité à ce qui nous a été remis.
Dans plusieurs traditions sémitiques et spirituelles, Amana désigne ce qui est déposé entre les mains de quelqu’un, non pour être possédé, mais pour être gardé, honoré, transmis. Celui qui reçoit l’Amana n’est pas propriétaire : il devient gardien.
Ainsi, parler de l’Amana, c’est déjà faire un pas hors de l’illusion moderne de l’ego souverain.
C’est reconnaître que la vie nous précède, qu’elle nous traverse, et qu’elle nous survivra.
C’est admettre que quelque chose de plus vaste que nos peurs nous a été confié.
« Nous ne sommes pas la source de la vie, mais l’un de ses passages. »
L’Amana est donc un art de la fidélité vivante :
fidélité à ce qui nous a été transmis,
fidélité à ce qui demande à se déployer,
fidélité à ce que nous sommes appelés à devenir.
Les quatre élans vitaux : Le dépôt sacré
Au cœur de l’Amana repose une révélation simple et vertigineuse :
la vie se déploie en nous selon quatre grands élans, universels, anciens comme le monde, et pourtant intimes comme le souffle.
Ces quatre élans ne sont pas des concepts abstraits.
Ils sont physiologiques, relationnels, symboliques.
Ils constituent le dépôt sacré dont nous avons la garde.
1. Le premier élan : L’énergie vitale
Avant toute pensée, avant toute histoire personnelle, il y a la vie nue.
Un fil ininterrompu qui remonte à des centaines de millions d’années.
Ton corps est l’héritier d’une aventure prodigieuse :
des océans primordiaux,
des cellules obstinées,
des organismes ayant appris à survivre, à respirer, à se réparer.
Cet élan porte des besoins fondamentaux :
- sécurité
- santé
- intégrité
- repos
- continuité
Lorsque ce premier élan est menacé, le monde devient dangereux, l’avenir se contracte, la peur gouverne.
« La vie veut d’abord continuer avant de vouloir comprendre. »
Être gardien de l’énergie vitale, c’est honorer le corps comme temple du passage, et non comme simple outil.
2. Le deuxième élan : L’énergie sexuelle
Ici, le mot sexuel ne se réduit pas à l’acte ou au désir brut.
Il désigne l’énergie du lien intime, du rapprochement, de la chaleur.
C’est l’élan du noyau familial, de la tendresse, de la transmission charnelle et affective.
Il porte les besoins de :
- amour
- intimité
- contact
- attachement
- fécondité (au sens large)
Lorsque cet élan est blessé, la solitude devient une prison, et l’amour se confond avec la peur de perdre.
« L’intimité est le lieu où la vie ose se montrer sans armure. »
3. Le troisième élan : L’énergie de la lignée
Cet élan est social, symbolique, relationnel.
Il concerne la place que nous occupons parmi les autres humains.
Il fonde les besoins de :
- reconnaissance mutuelle
- estime de soi
- respect
- appartenance
- coopération
C’est l’énergie qui permet de dire : « Je compte pour toi, et tu comptes pour moi. »
Lorsque cet élan est entravé, l’humiliation, la comparaison et la honte ferment les portes du cœur.
« Nul ne se construit seul, mais chacun est responsable de sa manière d’être parmi les autres. »
4. Le quatrième élan : L’énergie de l’espèce
Enfin, il y a l’élan de la réalisation.
Celui qui pousse à agir, à créer, à protéger, à inventer.
Il fonde les besoins de :
- accomplissement
- efficacité
- contribution
- protection du groupe
- projection vers l’avenir
C’est l’énergie qui nous permet de transformer le monde plutôt que de seulement le subir.
« La vie ne se contente pas de survivre : elle veut s’exprimer. »
L’AMana , Les quatre leviers, explications
L’Amana ne « supprime » pas les conflits intérieurs : elle les restitue à leur origine, puis les réoriente vers la vie. Elle part d’un constat central : nos peurs, nos évitements, nos crispations et nos colères sont très souvent des stratégies de protection nées d’élans vitaux mal reconnus, mal nourris, ou rendus honteux.
Les quatre leviers sont donc une progression. On passe :
- de l’ignorance à l’intelligence des dépôts sacrées,
- de l’intelligence des dépôts sacrées à la puissance intérieure,
- de la puissance intérieure à la vision claire ,
- de la vision claire à l’engagement identitaire.
Chaque levier agit comme une serrure : il ouvre une porte spécifique dans la maison intérieure.
Premier levier, Prise de conscience : comprendre les 4 élans vitaux comme source des besoins et source des « dépots sacrés »
Source des Besoins
Ce que ce levier transforme vraiment
Le premier levier ne cherche pas à « calmer » le mental. Il cherche à changer le statut de ce qui se passe en nous.
Tant que le conflit intérieur est interprété comme un défaut (faiblesse, irrationalité, incapacité), il déclenche honte et lutte, donc renforcement du conflit.
La prise de conscience fait basculer le conflit du registre moral et des pensées (je suis nul) au registre vivant (une énergie réclame sa place).
Le symptôme cesse d’être un ennemi : il devient un message qu’une énergie a besoin d’être alimenté, a besoin de recevoir.
Mécanique interne : comment naît un conflit intérieur
Un conflit intérieur naît lorsque deux forces se croisent sans se reconnaître.
- D’un côté, un élan vital se lève, discret ou impérieux, imposé souvent par une circonstance extérieure qui le bouscule, le contraint dans son mouvement « naturel ». L’élan vital pousse vers un besoin fondamental : sécurité, intimité, reconnaissance, accomplissement…
- De l’autre, une stratégie d’évitement, soutenue par un récit identitaire, vient barrer le passage, empêchant d’intégrer les nouvelles contraintes extérieures aux mouvements existants ou empêchant le besoin d’être honoré.
Alors l’élan ressemble à un feu privé de combustible.
Il brûle encore, mais faiblement.
Privé de nourriture, il ne peut déployer les valeurs et les fonctions qui lui sont propres : relier, créer, aimer, affirmer, traverser.
Pendant ce temps, la stratégie d’évitement se renforce, non en ajoutant quelque chose, mais en retranchant.
Elle agit par soustraction : elle retire le geste, la parole, l’expression même de l’élan vital.
Ce qui voulait vivre se replie. Ce qui voulait s’offrir se tait.
Un exemple simple éclaire ce mécanisme.
- Un besoin d’amour s’éveille, porté par l’énergie sexuelle, et avec lui l’envie de parler, de demander, de se montrer, de s’exposer.
- Mais la peur du rejet surgit, accompagnée de son récit :
«je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas assez bien parce que … » - Alors le corps se retire.
La voix se refroidit.
Le silence s’installe.
Il en résulte une tension sourde.
L’élan continue de pousser, mais se heurte à une porte close.
La peur, confortée dans son pouvoir, s’intensifie.
Et l’élan vital, peu à peu, pâlit.
Le levier n’est pas de forcer la porte, ni de disséquer indéfiniment son origine,
Il consiste d’abord à reconnaître les élans vitaux et le fait qu’ils sont en mouvement, « qu’ils poussent » , puis à observer comment la peur et l’évitement ferment les portes, ici et maintenant.
Moins que la recherche d’un passé explicatif à la peur ou l’évitement, ou d’un « pourquoi », il s’agit ici d’un éveil :
s’éveiller à la nature des quatre élans vitaux,
comprendre qu’ils portent chacun des mouvements, des valeurs, des besoins,
et que ces besoins ne se résolvent pas par la pensée seule,
mais se nourrissent par l’action juste.
Lecture des 4 élans : une matrice des besoins supérieurs
C’est à cet endroit précis que l’Amana intervient :
par un repérage clair et vivant, elle rappelle que chaque besoin demande à être nourri,
et que nul ne peut être sacrifié sans que l’ensemble ne s’appauvrisse.
- Énergie vitale → sécurité, santé, stabilité, rythme, repos…
Conflits typiques : anxiété diffuse, hypervigilance, contrôle, somatisations, épuisement. - Énergie sexuelle → amour, intimité, tendresse, appartenance affective, transmission…
Conflits typiques : jalousie, peur d’abandon, froideur, fuite, sexualité coupée, dépendance. - Énergie de la lignée → estime, reconnaissance mutuelle, place, respect, loyauté, fraternité..
Conflits typiques : honte, comparaison, ressentiment, besoin d’approbation, agressivité défensive. - Énergie de l’espèce → réalisation, protection, contribution, compétence, courage d’agir.
Conflits typiques : procrastination, auto-sabotage, cynisme, peur d’échouer, peur d’être vu.
Source des dépÔts sacrés
Ce que change la notion de « dépôt sacré »
Dire « dépôt sacré », ce n’est pas décorer la théorie : c’est transformer la posture.
Un dépôt sacré implique :
- que l’énergie en nous n’est pas « juste moi »,
- qu’elle est une continuité de la vie qui veut passer,
Cela fait naître une responsabilité, mais surtout une tendresse structurante : on se traite moins comme un objet à corriger, plus comme un passage à honorer.
C’est se dire : « Qu’est-ce qui m’a été confié ? »
Les 4 élans vitaux sont également déployées dans nos contextes et nos cadres de vie. Ils sont vivants dans nos sphères privées, familiales, relationnelles, professionnelles, associatives, ludiques ….
A chaque niveaux, à chaque strates…
Ainsi mes enfants et leur éducation sont une déclinaison de l’énergie de la lignée, les protéger et avoir un travail une déclinaison de l’énergie de l’espèce tout comme bâtir une maison, etc..
Retrouver ses dépots sacrés c’est regarder chaque brique de nos vies avec un oeil neuf, humble.
Alors les questions centrales deviennent :
« Qu’est-ce qui m’a été confié ? »
« De quels élans cela relève-t-il ? »
« En faisant, quel besoin supérieur de l’élan est nourri ? »
Pratique micro (suffisante pour activer le levier)
- Régulièrement, pose toi ces 3 questions :
- Qu’est-ce qui m’a été confié ?
exemple : ma famille, mon mariage, veiller sur mes enfants.. satisfaire mes clients, développer l’entreprise .. - Quel élan vital le porte ?
énergie de la lignée, énergie de l’espèce, vital ( exemple la valeur de santé ) , sexuelle ( valeur d’intimité )… - En faisant, quel besoin supérieur de l’élan est nourri ? …la santé ( vitale), protection de mes proches ou nourrir mes enfants( espèce), fraternité ( lignée), relation intime, complice ( sexuelle)…
- Qu’est-ce qui m’a été confié ?
- Ce simple tri ne révèle pas seulement nos rôles, il nous aide
- à retrouver le sens de nos vies,
- à ressentir toute la confiance qui nous est donnée,
- à clarifier et distinguer les contours de nos besoins, leur espace de déploiement, leur espace de vie.
Développer l’intelligence des dépôts sacrées, est au coeur de l’AMANA
Deuxième levier, Se sentir digne de confiance : assumer la responsabilité sacrée de la garde
Ce que ce levier transforme vraiment : se sentir digne de confiance pour délimiter les espaces des dépots sacrés
Après l’éveil, un obstacle surgit : la culpabilité ou la défiance envers soi.
Beaucoup comprennent très bien leurs besoins… mais se sentent comme incapables de les honorer. Ils pensent :
- « je ne mérite pas »,
- « je vais encore échouer »,
- « je ne suis pas fait pour ça ».
Le deuxième levier transforme cette défiance en dignité de gardien.
On ne cherche plus à être parfait. On cherche à être fiable envers ce qui nous traverse. Si la vie nous a choisit, c’est que nous sommes digne de confiance
Dignité ≠ estime de soi
La dignité du gardien est qu’il est digne de la confiance des dépôts qui lui ont été confiés ; sa responsabilité de garder, préserver, défendre, le dépôt sacrée est un engagement intérieur :
Je reconnais que ces élans me dépassent, et j’accepte d’en prendre soin, j’accepte la confiance placée en moi.
Cela évite un piège fréquent : attendre de « se sentir prêt » pour agir.
Ici, on agit parce que la garde est acceptée, et qu’on réalise que la confiance nous est donnée.
La responsabilité sacrée : ce qu’elle change dans la relation au conflit interne et à l’évitement
L’évitement c’est souvent lorsque une chose qui devrait être faite pour préserver une besoin ne l’est pas, comme un déni d’action. Il est souvent une tentative maladroite de préservation :
- préserver le corps (ne pas s’épuiser),
- préserver l’attachement (ne pas être rejeté),
- préserver la dignité (ne pas être humilié),
- préserver la compétence (ne pas échouer).
Le gardien ne détruit pas ces protections : il les requalifie.
Il dit :
- Merci de m’avoir protégé jusque-là.
- Maintenant, je prends la garde en main.
- Digne de confiance, j’accepte la puissance de redessiner en moi les espaces de besoin des dépôts sacrés, venus de l’intérieur ou de l’extérieur, de moi ou des autres, afin qu’ils s’expriment tous
- Je pose les nouvelles limites, nouvelles règles
C’est un tournant : l’évitement n’est plus la seule réponse disponible, et le conflit intérieur est toujours solvable
Indicateurs concrets que le levier s’active
- On cesse de se parler comme à un ennemi.
- On remplace « je dois » par « je garde digne de confiance».
- On pose les limites, redessine les espaces où chaque élan vital peut s’exprimer
C’est au Gardien qu’il revient d’habiter pleinement sa légitimité, afin de poser, en lui-même, les limites justes entre les forces intérieures en tension.
Lorsqu’un conflit surgit, qu’il provienne de la pression d’autrui ou de celle, plus diffuse, du quotidien, il vient toujours toucher nos besoins essentiels. Toute pression reçue agit comme un révélateur, mettant en lumière ce qui demande attention, protection ou réajustement.
L’art du Gardien réside précisément là. Dans cette responsabilité presque sacrée. Il s’agit d’accueillir à la fois les besoins venus de l’extérieur et le bouleversement intérieur qu’ils provoquent. Redonner à chaque élan vital l’espace nécessaire, établir des frontières claires et infranchissables, réordonner ce qui a été déséquilibré : tel est le cœur de son œuvre.
Les choix issus de l’art du Gardien deviennent alors des visions claires de chacun des territoires des dépôts sacrés ( levier 3 ), vers lesquelles nous nous engageons et nous réapproprions notre identité ( levier 4 ).
Pratique micro
Écrire une phrase-voeu (simple, répétable) :
- Je suis le gardien de la vie en moi.
Puis décliner : - Je garde mon énergie vitale.
- Je garde mon énergie d’intimité.
- Je garde ma dignité relationnelle.
- Je garde mon feu d’agir.
- Je garde toutes leurs déclinaisons
- Je me sens digne et puissant pour trancher
Ce n’est pas un mantra décoratif : c’est une prise de poste.
Résumé :
La transformation exige un acte intérieur de reconnaissance :
je suis digne de la confiance que la vie m’accorde.
Accepter l’Amana, c’est accepter la responsabilité sacrée d’être gardien des quatre élans.
Non par orgueil, mais par gratitude.
« La vie t’a confié ce qu’elle a de plus précieux. Oses-tu dire oui ? »
Cette dignité n’est pas à prouver.
Elle se reçoit.
Elle se consent.
Elle se respire.
Et donne au gardien la puissance pour trancher, poser des limites, des territoires afin que chaque élan vive ce qu’il est appelé à vivre
Troisième levier, mettre nos valeurs et nos choix devant soi via les thèmes symboliques
Ce que ce levier transforme vraiment
Même digne, et les choix posés, on peut rester perdu : Que faire concrètement ?
Le troisième levier donne une réponse : orienter l’action grâce à des thèmes symboliques, qui tels des boussoles guident notre engagement.
L’élan devient valeur. La valeur devient thème. Le thème devient gestes.
Pourquoi passer par le langage (et le risque de fusion cognitive)
C’est un élément bien connu: le langage peut être une prison. C’est la fusion cognitive : confondre nos représentations avec le réel, vivre dans le récit au lieu du monde.
Mais le langage est aussi l’outil humain le plus puissant pour reconfigurer la conduite :
- une valeur nommée devient repérable,
- un thème nommé devient chemin praticable,
- un rôle assumé devient unificateur.
L’Amana utilise le langage non pour raconter, mais pour guider.
La bascule « derrière → devant »
Avant : les élans sont derrière nous, on les garde, confiant, le gardien avec puissance dessine leur limite…
Après : les choix du gardien sont placés devant, comme une direction lumineuse.
Ses choix deviennent des guides, une direction, une vision claire appelant à agir
Quatrième levier, Réappropriation de l’identité : la fidélité qui refait le Soi
Ce que ce levier transforme vraiment
Le quatrième levier transforme la relation au « je suis comme ça ».
Il détruit la prison identitaire sans violence : par l’expérience.
L’identité, ici, n’est plus une étiquette.
C’est le résultat vivant des actes porteurs de sens répétés.
Le Soi se nourrit de preuves incarnées.
Mécanique interne : du « moi figé » au « moi en quête »
- Le moi figé se défend : il protège une image, donc évite tout ce qui pourrait l’ébranler.
- Le moi en quête se construit :
C’est la promesse d’être là pour chacun,
L’engagement à assurer les limites posées par la responsabilité sacrée
L’Amana fait passer le sujet :
- de « protéger une image »
à « accomplir une fidélité ».
Pourquoi ce levier guérit l’évitement
L’évitement ferme les portes parce qu’il réduit les occasions d’expériences nouvelles.
Moins d’actions → moins de preuves → identité appauvrie → peur renforcée.
La fidélité, au contraire, crée une boucle expansive :
actions alignées → preuves → confiance → actions plus larges → identité plus vraie.
Le “JE” et le Soi : clarification
- Le JE est l’agent : celui qui agit maintenant.
- Le Soi est la représentation intégrée : le point commun qui se consolide derrière les actes.
Quand le JE agit au nom des thèmes symboliques, le Soi s’épaissit, et les réalités vécues changent.
Alors, tu te réappropries ton identité , celle de ton Soi profond.
Non plus le Soi qui s’évitait lui-même, morcelé, dispersé, découpé par un cerveau et des récits de la pensée pourtant désireux de bien faire…
La promesse du levier 4
Ce levier ne promet pas l’absence de peur.
Il promet mieux : une vie où la peur n’est plus la reine. L’engagement à agir pour ses élans vitaux, fidèle aux choix tranchés par le gardien
Il promet ainsi :
- une cohérence intérieure,
- une identité respirable,
- une joie discrète mais solide : celle d’être fidèle.
L’identité n’est pas une forme immobile.
Elle n’est ni donnée une fois pour toutes, ni figée dans un rôle.
Elle est une quête en mouvement, un devenir qui s’éprouve dans l’élan.
« Nous devenons ce que nous osons incarner. »
Nous faisons alors un choix conscient, confiant :
en nous comportant selon nos valeurs, nos choix, nos thèmes symboliques,
nous avançons dans la quête de nous-mêmes,
et notre identité trouve enfin un espace pour s’exprimer pleinement.
C’est un acte de fidélité,
fidélité à la promesse d’une vie plus vaste, plus vraie, plus profonde
que la peur et la fermeture héritées du défaut fatal.
C’est un acte de confiance,
confiance dans la promesse de sa quête ; La réappropriation de son identité par les actions porteuses de sens dont on est l’auteur.
Pratique micro
Rituel de clôture quotidien (3 minutes) :
- Quel thème ai-je servi aujourd’hui ?
- Quel élan ai-je honoré ?
- Quelle porte s’est rouverte, même un peu par mes actions ?
Cela « grave » l’expérience et accélère la transformation identitaire.
Mise en mouvement
L’Amana commence à l’instant où tu reconnais
que la confiance trace le chemin.
Un chemin qui te permet de t’affranchir des comportements d’évitement,
sans trahir ce qui, en toi, demande à vivre.
En demeurant fidèle
aux élans vitaux qui t’ont été confiés,
aux thèmes symboliques qui en sont nés,
et à la quête qui, patiemment, rouvre les portes.
La Sulhie vient alors comme arrive le temps d’un agir nouveau :
une réconciliation vivante avec le réel,
portée par une force discrète,
celle de la douceur qui n’abdique pas.
« L’Amana n’est pas seulement une responsabilité.
C’est une confiance reçue qui appelle un acte fidèle. »
Dès lors, tu n’es plus condamné·e à rejouer la même histoire.
Une autre manière de vivre devient possible.
Une vie conduite non par la peur,
mais à partir de ce qui fait sens pour toi.
Parole de feu pour celles et ceux qui ne veulent plus se trahir
(avant la transmission à la Sulhie)
Nous parlons depuis le dedans
Nous parlons depuis le lieu où le souffle se serre.
Depuis la poitrine qui sait avant la tête.
Depuis ce point précis où l’on sent que quelque chose, en nous, n’a jamais renoncé, même lorsque nous avons cédé.
Nous parlons pour celles et ceux qui tiennent debout, mais à moitié.
Pour celles et ceux qui fonctionnent, mais ne vibrent plus.
Pour celles et ceux qui ont appris à survivre si bien qu’ils ont oublié comment laisser passer la vie.
L’Amana n’est pas une idée.
L’Amana est une pression intérieure.
Une insistance.
Un appel qui revient, même quand on détourne le regard.
Nous disons la vérité nue
La vérité est simple et brutale :
la vie nous a été confiée sans mode d’emploi,
et nous avons fait ce que nous avons pu.
Nous avons fermé des portes pour ne plus souffrir.
Nous avons contracté nos désirs pour ne plus espérer.
Nous avons réduit nos élans pour rester acceptables.
Et nous avons appelé cela maturité.
Nous avons appelé cela réalisme.
Nous avons appelé cela sagesse.
Mais au fond, nous le savions :
quelque chose en nous étouffait.
Ce n’est pas la vie qui fait mal.
C’est de ne pas lui être fidèle.
Nous nommons ce qui brûle
Nous nommons ce qui brûle en silence :
– cette fatigue qui ne se repose pas,
– cette colère qui n’ose pas sortir,
– ce désir qui se déguise en cynisme,
– cette peur qui prend le masque de la prudence.
Nous disons : ce ne sont pas des défauts.
Ce sont des élans empêchés.
Des forces vivantes coincées derrière des portes trop longtemps fermées.
Nous rappelons le dépôt
Nous rappelons ceci, sans détour :
La vie ne nous a pas donné un seul élan.
Elle nous en a confié quatre.
Et nous sommes responsables des quatre, ensemble.
Il y a en nous :
– une vie qui veut durer,
– une chair qui veut aimer,
– une lignée qui veut être reconnue,
– une espèce qui veut agir et transmettre.
Ces forces ne sont ni propres ni sales.
Elles ne sont ni spirituelles ni vulgaires.
Elles sont vivantes.
Les nier, c’est se nier.
En privilégier une au détriment des autres, c’est se déchirer.
Nous sommes dignes
Nous disons :
si la vie nous a traversés,
si ces élans battent en nous,
alors nous sommes dignes de confiance.
La vie ne se trompe pas de porteur.
Accepter l’Amana, ce n’est pas se glorifier.
C’est se lever à la hauteur de ce qui nous traverse.
Nous acceptons la garde
Nous acceptons de ne plus nous cacher derrière l’excuse de l’impuissance.
Nous acceptons la responsabilité sacrée d’être gardiens.
Gardiens du corps.
Gardiens du lien.
Gardiens de la dignité.
Gardiens de l’élan d’agir.
Être gardien, ce n’est pas tout réussir.
C’est ne plus trahir volontairement.
C’est dire :
je ne me détournerai plus de ce qui demande à vivre en moi.
Nous plaçons nos valeurs devant nous
Nous cessons de porter nos valeurs et la protection des territoires de nos dépôts comme des poids morts.
Nous les plaçons devant, comme des directions.
Nous choisissons des rôles.
Nous choisissons des thèmes.
Nous choisissons des lignes de fidélité.
Être un parent présent, même maladroit.
Être un partenaire vrai, même inconfortable.
Être un membre digne de sa lignée, même à contre-courant.
Être un acteur du monde, même imparfait.
Mieux vaut une fidélité imparfaite qu’une cohérence morte.
Nous affirmons l’acte
Nous affirmons que l’acte transforme plus que l’intention.
Que le Soi se construit par ce que le « je » ose faire.
Que chaque geste fidèle réouvre une porte.
Nous ne demandons pas la disparition de la peur.
Nous demandons qu’elle cesse de gouverner.
La peur peut parler.
Elle ne décide plus.
Nous rouvrons la maison
Nous rouvrons la maison intérieure.
Pas d’un coup.
Pas violemment.
Porte après porte.
Avec tremblement parfois.
Avec résistance souvent.
Mais nous rouvrons.
Car nous savons désormais ceci :
la maison n’était pas dangereuse.
Elle était inhabitée.
Nous savons où nous en sommes
L’Amana est le temps de la fidélité retrouvée.
Le temps où l’on cesse de se battre contre soi.
Le temps où l’on accepte d’être un passage.
Elle ne promet pas la paix immédiate.
Elle promet mieux :
une direction juste.
Nous annonçons la suite
Lorsque la garde est assumée,
lorsque la vie circule à nouveau,
lorsque les portes tiennent ouvertes sans effort,
alors un autre mouvement devient possible.
Non plus seulement la fidélité à la vie,
mais la réconciliation avec l’autre.
Alors l’Amana s’incline.
Et elle passe la main.
À la Sulhie.
Mais pour l’instant,
reste ceci :
Tiens ta garde.
Sois fidèle.
Laisse passer la vie.
Et signe ce manifeste
avec ton corps,
tes choix,
et ce que tu feras demain.
