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être humilié par les autres

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être humilié par les autres

Tu sais ce qui me tourmente, Claire Ce n’est même plus l’événement C’est l’après Le silence qui colle à la peau, et le bruit qui revient quand tout devrait être fini…

application de l’Amana et de la sulhie

It all started in our parents garage…

Voici une résolution incarnée, fidèle au dialogue précédent, en suivant pas à pas l’Amana puis la Sulhie, non comme des concepts abstraits, mais comme une expérience vécue par le personnage.
Restons avec Julien, et une incidence précise de sa blessure : la peur d’être exposé à nouveau, qui l’a conduit à s’effacer socialement et à renoncer à une opportunité professionnelle où il devrait prendre la parole publiquement.


Premier levier : reconnaître le dépôt sacré, plus vaste que l’humiliation

Julien comprend d’abord ceci, non par raisonnement mais par épuisement : ce qui lui a été humilié n’est pas ce qu’il est. Sous la honte, quelque chose demeure intact. Quelque chose lui a été confié avant même l’événement.

Il découvre en lui plusieurs élans vitaux qui n’ont pas disparu, mais qui ont été écrasés.

Il y a l’élan de dignité, ce besoin supérieur d’exister debout, non exposé comme un objet. Même humilié, cet élan n’a pas cessé d’exister. Il a été piétiné, mais non détruit.

Il y a l’élan de vérité, ce besoin de pouvoir se dire sans masque, sans mensonge, sans avoir à se cacher pour survivre. L’humiliation a figé cet élan, mais elle ne l’a pas annulé.

Il y a l’élan de lien juste, ce besoin d’appartenance qui ne soit ni soumission ni exhibition, mais rencontre libre.

Et enfin l’élan de création de soi, ce mouvement qui pousse Julien à vouloir contribuer, parler, transmettre, agir dans le monde.

Pour la première fois, il ne se demande pas « qu’a-t-on fait de moi ? », mais
« qu’est-ce qui m’a été confié, et que j’ai le devoir de garder vivant ? »

Il comprend alors que le dépôt sacré surpasse toujours la circonstance.
L’humiliation est un fait.
La dignité, la vérité, le lien et la création sont des confiances.


Deuxième levier : le gardien face aux dépôts en conflit

Mais Julien voit vite que ces élans se heurtent entre eux.

La dignité lui dit : « protège-toi, cache-toi, ne t’expose plus ».
La vérité lui dit : « parle, sinon tu te trahis ».
Le lien lui murmure : « si tu poses des limites, tu seras rejeté ».
La création insiste : « si tu te tais, tu t’éteins ».

Avant, Julien laissait ces voix s’entredéchirer, et il restait immobile, paralysé.

C’est ici que naît le gardien.

Il ne choisit pas une partie contre les autres.
Il les assume toutes.

Il dit à la dignité :
« Tu n’as plus à me rendre invisible pour exister. Je te garantis des limites claires. »

Il dit à la vérité :
« Tu n’es plus obligée de jaillir n’importe comment. Tu auras des espaces choisis. »

Il dit au lien :
« L’appartenance ne passera plus par le sacrifice de moi-même. »

Il dit à la création :
« Tu n’avanceras plus au prix de l’auto-destruction. »

Concrètement, Julien redessine ses territoires intérieurs.
Il décide par exemple que :

Il ne parlera plus de son passé humiliant sous la pression ou la justification.
Il choisira quand, à qui et comment il en parle.

Il accepte de dire non à certaines situations sociales où l’exposition est brutale ou voyeuriste.

Il accepte aussi de dire oui à des espaces où la parole est cadrée, respectée, assumée.

Ces limites intérieures deviennent des limites extérieures.
Lorsqu’un collègue insiste pour « savoir », Julien répond calmement :
« Ce sujet m’appartient. Je n’en parle pas ici. »

Il n’explique pas. Il ne s’excuse pas.
Il garde.


Troisième levier : les thèmes symboliques qui guident l’action

Pour soutenir ce travail, Julien s’appuie sur des symboles intérieurs.

Il se représente comme un gardien de seuil.
Tout ne peut pas entrer. Tout ne peut pas sortir.

Il adopte aussi l’image de la parole habitée.
Parler non pour se défendre, mais pour se tenir.

Et enfin celle de la verticalité douce : rester debout sans se raidir.

Ces thèmes guident ses comportements quotidiens.
Dans une réunion, il parle moins, mais plus juste.
Dans une relation, il ne se confie pas trop vite, mais il ne se ferme pas.
Dans ses choix professionnels, il refuse les contextes où l’exposition est spectacle.


Quatrième levier : retrouver son identité par la fidélité aux dépôts

Peu à peu, Julien cesse de se définir comme « celui à qui c’est arrivé ».

Il se reconnaît comme celui qui garde.
Celui qui honore la dignité.
Celui qui choisit la vérité incarnée.
Celui qui protège le lien sans s’y dissoudre.
Celui qui crée sans se sacrifier.

Son identité ne vient plus du regard des autres, mais de sa fidélité intérieure.


Premier levier : fables, lucidité, défusion

Lorsque Julien doit accepter une prise de parole publique, ses anciennes fables surgissent.

« Si je parle, ils verront à travers moi. »
« Ils se souviendront. »
« Je vais redevenir ce moment-là. »
« Je ne suis pas légitime. »

Il remarque que ces pensées utilisent toujours le passé comme preuve.
Mais il apprend à dire :
« Ce sont des pensées, pas des faits. »

Les faits sont simples :
Il est compétent.
Il a posé des limites.
Il n’est plus seul.
Et ce qui compte maintenant, c’est l’acte présent.

Il laisse passer les pensées, comme on laisse passer des nuages, sans leur donner de gouvernail.


Deuxième levier : maturité émotionnelle et traversée de l’inconfort

Lorsqu’il parle pour la première fois, son corps tremble.
La peur est là. L’envie de fuir aussi.

Mais Julien reste.
Il respire.
Il ne lutte pas contre l’inconfort.

La peur monte, puis redescend.
La deuxième fois, elle monte moins haut.
La troisième fois, elle devient une vibration supportable.

À force d’expositions choisies, la crispation laisse place à une douceur ferme.
Il apprend que rester est plus sûr que disparaître.


Troisième levier : réconciliation des parties blessées

Après chaque étape, Julien revient à lui.

Il écoute la part honteuse, la rassure.
Il écoute la part fière, la tempère.
Il écoute la part créative, la nourrit.

Il leur rappelle leurs nouvelles places.
Il réitère son engagement de gardien.

Il ne cherche plus à faire taire ses fractures.
Il les réunit.


Quatrième levier : l’agir conscient, doux et durable

Ses actions changent de qualité.

Il agit sans tension excessive.
Il pose des limites sans violence.
Il s’exprime sans s’épuiser.

Il découvre une force qui ne vient plus de l’effort, mais de la source.
Une action qui ne fatigue pas, parce qu’elle honore ses besoins restaurés.


Cinquième levier : le constat vivant de la guérison

Julien constate alors, avec une surprise presque incrédule, que le monde ne s’est pas écroulé.

Ses dépôts sacrés sont honorés.
Ses limites tiennent.
Les relations se clarifient.
Certaines tombent. D’autres naissent, plus justes.

Il a dépassé la fusion cognitive.
Il a traversé l’inconfort sans se perdre.
Il a réconcilié ses parts.
Il agit avec relâchement, ouverture et douceur.

Et surtout, il constate ceci :
l’humiliation ne gouverne plus ses choix.

La blessure n’est plus une plaie ouverte.
Elle est devenue un lieu de conscience.

Et Julien n’est plus celui qui fuit le regard.
Il est celui qui se tient, sans s’exposer, sans se cacher,
habité.

Celui qui n’était plus une image, une nouvelle littéraire sur la blessure emotionnelle d’être humilié par les autres

Paris, deux mille trois. La ville avait cette odeur particulière des lendemains de pluie, un mélange de bitume tiède, de feuilles écrasées et de café trop serré…

Illustration d'une Nouvelle littéraire à Paris dans les années 2000 sur la blessure d’humiliation, la honte sociale et la guérison intérieure par l’Amana et la Sulhie.