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avoir une relation d’un soir avec un-e collègue

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avoir une relation d’un soir avec un-e collègue

Ils étaient assis l’un en face de l’autre, dans cette cuisine trop blanche où le café refroidit toujours trop vite…

Application de l’amana et de la sulhie

Voici une résolution incarnée du conflit, enracinée dans l’exemple suivant issu des luttes internes possibles :

« Le personnage souhaite une relation plus durable avec son ou sa collègue, mais craint une mauvaise fin, tant sur le plan professionnel que personnel. »

Le personnage est pris dans une tension silencieuse.
Une part de lui désire la continuité, le lien, la reconnaissance affective. Une autre sait que ce désir, s’il n’est pas clarifié, menace son intégrité professionnelle, son estime, sa stabilité. Il ne s’agit pas d’un simple dilemme rationnel, mais d’un tiraillement vital. S’approcher, c’est risquer de se perdre. S’éloigner, c’est risquer de s’abandonner.


AMANA : PREMIER LEVIER

Reconnaître les dépôts sacrés en jeu

Le personnage cesse d’analyser la situation en termes de faute ou de faiblesse. Il apprend à regarder autrement.
Ce qui s’agite en lui n’est pas une erreur morale, mais la mise en mouvement de dépôts sacrés.

Il reconnaît d’abord le dépôt du lien.
Ce désir de relation durable n’est pas une dépendance honteuse, mais l’élan vital de l’amour et de l’appartenance. Il dit le besoin supérieur d’être vu, choisi, relié.

Il reconnaît ensuite le dépôt de la dignité.
La crainte professionnelle n’est pas une lâcheté, mais l’expression de l’élan de sécurité et de reconnaissance. Il porte le besoin d’intégrité, de légitimité, de cohérence entre ce qu’il fait et ce qu’il vaut.

Il reconnaît encore le dépôt de la responsabilité.
Cette vigilance intérieure parle de l’élan de contribution, du rôle qu’il occupe dans l’organisation, de la parole donnée implicitement à lui-même de ne pas se trahir.

Enfin, il reconnaît le dépôt de la vérité intérieure.
L’inconfort persistant révèle l’élan d’authenticité. Une part de lui refuse les zones grises, les demi-gestes, les faux-semblants.

Rien n’est mauvais. Tout est vivant.
Le conflit n’est pas entre le bien et le mal, mais entre des besoins sacrés qui cherchent chacun à respirer.


AMANA : DEUXIÈME LEVIER

Le gardien se lève et redessine les territoires

Le personnage cesse d’être balloté.
Il endosse la posture du gardien.

Il comprend que ces dépôts ne sont pas ennemis, mais qu’ils souffrent d’un manque de frontières. Le lien envahit la dignité. La prudence étouffe l’élan affectif. Le gardien ne choisit pas l’un contre l’autre. Il attribue à chacun un territoire juste.

Il pose intérieurement des choix clairs.

Au dépôt du lien, il dit
Tu as le droit d’exister, mais pas dans l’ambiguïté. Tu ne te nourris plus de silences ni d’espoirs implicites.

Au dépôt de la dignité, il dit
Tu as le droit de me protéger, mais pas de me figer dans la peur. Tu ne décides plus seul.

Au dépôt de la responsabilité, il dit
Tu es garant du cadre, pas du renoncement à soi.

Concrètement, le gardien définit des limites intérieures stables qui deviendront des limites extérieures.

Il se promet de ne plus nourrir de projections affectives sans dialogue explicite.
Il décide de ne plus chercher de signes cachés au travail.
Il s’engage à ne plus mélanger performance professionnelle et attente affective.
Il accepte que le lien, s’il doit exister, devra être nommé, clarifié, assumé, ou sinon relâché.

Ces limites ne sont pas des murs. Ce sont des lignes de vie.


AMANA : TROISIÈME LEVIER

Les thèmes symboliques qui guident désormais ses actes

Pour incarner son rôle de gardien, le personnage s’appuie sur des symboles intérieurs, des images directrices.

Il choisit la clarté comme boussole.
Tout ce qui n’est pas dicible devient suspect.

Il choisit la verticalité.
Il se tient droit dans ses engagements, même quand le désir voudrait le faire pencher.

Il choisit la sobriété relationnelle.
Il privilégie les gestes simples, lisibles, non équivoques.

Il choisit la lenteur consciente.
Il ne précipite plus les liens. Il laisse le réel répondre.

Ces thèmes orientent ses comportements quotidiens. Sa parole se fait plus posée. Ses gestes plus mesurés. Son regard plus franc.


AMANA : QUATRIÈME LEVIER

Retrouver son identité par la fidélité aux dépôts

En honorant ces choix, le personnage sent quelque chose se rassembler.
Il ne se définit plus par la peur de perdre l’autre, ni par la peur de perdre sa place.

Il se reconnaît comme celui qui protège la vie en lui.
Celui qui peut aimer sans se dissoudre.
Celui qui peut être responsable sans se renier.

Son identité se restaure non par le contrôle, mais par la fidélité à ce qui lui a été confié.

L’Amana est accomplie.


SULHIE : PREMIER LEVIER

Démasquer les fables de l’évitement

Lorsque vient le moment d’agir, les pensées surgissent.

Si je pose mes limites, je vais perdre le lien.
Je ne suis pas assez solide pour ça.
J’ai déjà fait une erreur, je n’ai pas le droit d’exiger quoi que ce soit.
Au travail, il faut rester discret, ne pas faire de vagues.

Il reconnaît ces phrases comme des fables.
Elles ne sont pas des faits, mais des récits anciens, nourris par la peur et la dévalorisation.

Les faits sont simples.
Il a le droit de clarifier une relation.
Il a le droit de se respecter.
Il est plus vaste que ses pensées.

Il apprend à entendre la narration intérieure sans s’y coller.
Il laisse passer les pensées comme on laisse passer un bruit dans une autre pièce.


SULHIE : DEUXIÈME LEVIER

La maturité émotionnelle dans l’inconfort

Lorsqu’il agit selon ses limites, l’inconfort est là.
Le cœur bat plus vite. Le corps se crispe. La peur murmure.

Il ne fuit pas.
Il reste.

Il exprime calmement sa ligne. Il accepte les silences. Il supporte la tension.

La première fois, c’est rude.
La seconde, un peu moins.
Puis quelque chose se détend.

Il découvre que l’émotion, si elle est traversée, ne détruit pas.
Elle enseigne.

La maturité émotionnelle naît ainsi. Par exposition douce, répétée, consciente.


SULHIE : TROISIÈME LEVIER

Réconcilier les parties en conflit

En appliquant ses limites, le personnage ne mutile aucune part de lui.

Le désir est entendu, mais contenu.
La dignité est honorée, sans rigidité.
La responsabilité est incarnée, sans dureté.

Chaque partie retrouve sa place.
Le personnage cesse d’être éparpillé. Il devient unifié.

La réconciliation n’est pas un compromis.
C’est une restitution juste.


SULHIE : QUATRIÈME LEVIER

L’agir conscient, doux et vivant

Ses gestes deviennent simples.
Ses paroles sont alignées.
Il agit sans forcer.

Il se parle avec tendresse.
Il n’a plus besoin de se crisper pour tenir.

Son action puise à la source des besoins restaurés.
Elle ne fatigue pas. Elle porte.


SULHIE : CINQUIÈME LEVIER

Le constat apaisé

Le monde ne s’est pas écroulé.
Le lien a trouvé sa juste place, ou s’est dissous sans drame.
La dignité est intacte.
Le travail continue.
La paix intérieure s’installe.

Les dépôts sacrés ont été honorés.
Les limites ont été vécues.
La fidélité à soi a porté ses fruits.

Le conflit est résolu non parce qu’il a disparu, mais parce qu’il a été habité, traversé et transformé.

Le personnage n’a pas gagné contre lui-même.
Il s’est retrouvé.

La Clarté après la Nuit, une nouvelle littéraire sur le fait d’avoir une relation d’un soir avec un-e collègue

La chaleur ne quittait jamais vraiment les bureaux du quartier de Chamartín…

Illustration d'une Nouvelle littéraire à Madrid dans les années 2010 sur une relation d’un soir entre collègues, explorant désir, limites intérieures, responsabilité et réconciliation réussie.