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se faire arnaquer
Se faire arnaquer ouvre une faille intime qui dépasse largement la perte matérielle.
Le personnage éprouve d’abord un choc, une sidération mêlée d’incrédulité, comme si la réalité s’était brusquement fissurée.
Très vite, le doute s’installe, non pas envers le monde seulement, mais envers sa propre capacité à juger et décider.
La honte surgit, sourde, tenace, nourrie par l’idée d’avoir été naïf, aveugle ou indigne de sa propre image.
La colère cherche un responsable, mais faute de pouvoir atteindre l’escroc, elle se retourne contre soi.
La mémoire rejoue sans cesse la scène, dissèque chaque détail, espérant trouver l’erreur qui aurait pu tout éviter.
Cette rumination épuise et alimente un sentiment d’échec personnel.
La peur de reproduire la faute pousse à une méfiance excessive, parfois paralysante.
Toute proposition devient suspecte, toute relation potentiellement intéressée.
Le personnage oscille entre repli défensif et désir de continuer à faire confiance.
Il se sent tiraillé entre la sécurité et la vie, entre la prudence et l’élan.
Son identité vacille, car il ne sait plus s’il est un homme trompé ou un homme trompeur envers lui-même.
Le futur, autrefois ouvert, se rétrécit sous le poids de l’anticipation anxieuse.
La confiance autrefois naturelle, devient un territoire miné.
Pour avancer, il doit affronter l’inconfort de ses émotions sans s’y confondre.
Le conflit interne se résout lorsqu’il cesse de se définir par l’erreur et réapprend à choisir avec lucidité.
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se faire arnaquer
Tu as l’air de porter une valise invisible, mon cher, et je n’aime pas ce poids-là. Parle…
« Tu as l’air de porter une valise invisible, mon cher, et je n’aime pas ce poids-là. Parle. »
Il hésita, comme un homme qui sent encore sur sa peau la main d’un autre. Puis il se mit à sourire, mais d’un sourire qui demande pardon au monde.
« Je me suis fait arnaquer. Voilà le mot, brut, honteux, qui sonne comme une gifle. Ce n’est pas seulement l’argent. C’est le fil qui tenait ma vie droite, et qui, d’un coup, s’est rompu. J’ai eu l’impression qu’on me volait le contrôle. Je croyais tenir l’avantage, la maîtrise, l’œil sûr. Et soudain je n’étais plus qu’un passant qu’on dépouille dans une ruelle, sauf que la ruelle était un écran propre, une voix douce, une promesse parfaitement polie. »
Son amie ne dit rien d’abord. Elle le regarda avec cette attention qu’on réserve aux malades fiévreux, non pour juger, mais pour comprendre la nature exacte du mal.
« Tu sais, reprit-il, une arnaque, c’est une volonté claire de frauder. C’est une intelligence tournée vers la prédation. On croit toujours que ce sont des monstres grossiers. Souvent ce sont des gens d’une banalité travaillée, qui te parlent comme un cousin, qui mettent l’urgence dans leur phrase, la compassion dans leur ton, la logique dans leur mensonge. Ils ne cherchent pas seulement l’argent. Ils peuvent vouloir ton identité, ta confiance, ton temps, ton nom même. »
Il se pencha, comme s’il se confessait à un tribunal intérieur.
« L’histoire commence par un courriel. Un message qui semblait venir de mon service habituel. Un de ces avertissements, tu sais, où l’on te dit que ton compte a un problème, qu’il faut “vérifier” tes identifiants. J’ai répondu. J’ai donné, avec la docilité d’un homme pressé, ce qu’il ne fallait jamais donner. Puis il y a eu l’investissement. On me proposait une opportunité, un rendement raisonnable, presque modeste, donc crédible. L’argent, bien sûr, ne travaillait pas pour moi. Il glissait tout droit dans la poche de celui qui menait la danse. »
Son amie eut un léger froncement de sourcils.
« Et ensuite, dit-elle, ça s’enchaîne. »
« Oui. Des voix au téléphone. De faux recenseurs, disaient-ils, des gens “mandatés”, posant des questions innocentes. Date de naissance, adresse, détails qui, mis bout à bout, font de toi une porte sans serrure. On m’a aussi parlé de subventions, de ces aides gouvernementales qu’on brandit comme une médaille. On te fait croire qu’il suffit d’avancer des frais pour recevoir la somme. Frais de scolarité, dossier universitaire, promesse d’un coup de pouce. C’était si bien construit qu’on se sentait presque coupable de douter. »
Il reprit, plus vite, comme si chaque souvenir était une braise.
« Il y a les systèmes pyramidaux, les Ponzi, les ventes où l’on te fait croire que tu bâtis une fortune et que tu aides les autres, alors que tu nourris seulement le sommet. Il y a les faux billets pour un événement, un concert, une place rare vendue à un prix qui te fait croire à une chance. Il y a les associations caritatives qui n’existent pas, des images de misère envoyées comme des poignards. Et puis ces services qu’on te fait payer alors qu’ils devraient être gratuits, ou qu’ils ne sont jamais rendus. Un “dossier” à débloquer, un “certificat” à obtenir, un “agent” à rémunérer. »
Il s’interrompit, avala sa salive.
« Le plus cruel, c’est quand on joue la famille. On m’a écrit qu’un parent était en détresse. La voix tremblait juste ce qu’il faut. On te demande d’envoyer de l’argent vite, parce qu’il y a une urgence, un accident, un commissariat, une nuit d’hôpital. Et il y a ces achats absurdes, ces produits, ces portraits, des photos promises, un paquet qui doit arriver. On paie, on attend, et on apprend que “l’entreprise a fermé” avant même de livrer. Tu es un client d’une boutique qui n’a jamais existé. Enfin, il y a le concours prétendument gagné. On te dit que l’argent t’attend, mais qu’il faut fournir des informations bancaires pour “accéder aux fonds”. C’est le monde à l’envers. On te fait payer pour recevoir. »
Son amie posa enfin une question, doucement, comme on pose la main sur un front chaud.
« Et après, qu’est-ce qui s’est passé, concrètement, dans ta vie de tous les jours. »
Il eut un rire bref, sans joie.
« Des complications petites en apparence, mais qui te mangent les jours. Il a fallu obtenir de nouvelles cartes, refaire des comptes, fermer des portes que je croyais solides. Changer les mots de passe, clôturer des adresses, me débattre dans des démarches où l’on te demande dix fois la même preuve. La gêne, surtout. Le moment où il faut raconter. Tu t’entends dire à un employé de banque, à un policier, à un proche, “je me suis fait avoir”, et tu as l’impression d’avouer une faiblesse morale. »
Il poursuivit, d’une voix plus sourde.
« J’ai dû réduire mes dépenses pour compenser. Renoncer à des achats, retarder des vacances. Et chaque fois que je dénonçais l’arnaque, quand je déposais plainte, je revivais l’humiliation. Comme si la scène se rejouait, avec moi au centre, stupide et nu. À un moment, j’ai même encaissé un investissement plus tôt que prévu pour combler le trou. Et depuis, je dois prouver mon identité à répétition, parce qu’il y a eu vol d’identité, ou quelque chose qui y ressemble. Tu deviens ton propre dossier. »
Son amie, attentive, ne le lâcha pas.
« Et le pire, dit-elle, tu l’as imaginé. »
Il hocha la tête, la mâchoire serrée.
« Le pire, c’est ce que ça pourrait devenir. Si la justice ne rend rien, on devient désabusé, on se dit que le système n’est qu’une façade, qu’il n’y a pas de réparation. Si les gens l’apprennent, tu perds du prestige, une position respectée. On te regarde comme un naïf, un homme imprudent, alors que tu étais peut-être, la veille, un exemple de sérieux. La cote de crédit peut être ruinée. Les proches doivent te sauver, et là commencent les frictions, les rancœurs, les reproches déguisés en conseils. »
Il passa une main sur son visage.
« Dans les cas extrêmes, tu perds tes économies. L’argent qui était destiné à quelque chose de précis. Des études. Un mariage. Une retraite. Et le pire encore, c’est quand tes informations personnelles sont vendues à d’autres malveillants. L’arnaque devient une porte ouverte à mille autres intrusions. Tu opères des changements radicaux parce que ta situation devient précaire. Tu prends un second emploi. Tu déménages. Tu te surprends à rejeter la technologie, comme si l’électricité elle-même était coupable. Certains quittent leur retraite et retournent travailler. »
Il eut un silence qui en disait long.
« Et puis il y a la bascule intérieure. Ta vision du monde, la bonté des gens, tout devient négatif. Tu deviens avare, méfiant, même envers ceux qui t’aiment. Tu suspectes les motivations de chacun, y compris quand un proche demande de l’aide. Tu peux abandonner un rêve parce que, sur le chemin, quelqu’un en a profité. Certains vont jusqu’à vouloir vivre hors réseau, disparaître, ne plus être joignables. Et si tu es fragile, tu peux tomber dans une dépression, incapable de tourner la page. »
Son amie le regarda longtemps.
« Je te vois. Et je vois aussi ce que tu ressens. Dis-le moi. N’embellis pas. »
Il obéit, comme si nommer les émotions les rendait enfin mesurables.
« La colère, d’abord. Une rage qui te surprend. L’angoisse, l’anxiété, parfois la panique, parce que tu te demandes ce qui va encore tomber. La sensation de trahison, même quand l’escroc n’a pas de visage. L’amertume, la confusion, l’impression d’avoir perdu une bataille intime. Tu deviens défensif, défiant. Il y a la honte, l’humiliation, ce poison social. Il y a l’incrédulité, comme si ton esprit refusait de croire à la simplicité du piège. »
Il inspira, les yeux brillants.
« Et puis la dépression, le désespoir, la dévastation, parfois l’horreur, comme si tu avais frôlé un gouffre. Le débordement, cette incapacité à contenir. L’impuissance, le regret, la haine de soi. Tu peux même ressentir de la pitié pour toi, et la pitié est une émotion terrible, parce qu’elle te réduit. »
Son amie, sans dramatiser, recadra.
« Maintenant, ce qui m’intéresse, c’est le combat à l’intérieur. Parce que c’est là que se décide ton avenir. Qu’est-ce qui te travaille, réellement. »
Il sembla soulagé qu’on pose la question au bon endroit.
« Je lutte pour faire confiance. Pas seulement aux inconnus, mais aux gens simples, aux commerçants, aux messages. Tout devient suspect. Je m’inquiète de l’avenir, comme si le temps était soudain bref. Je n’avais jamais senti la brièveté des jours ainsi. Et l’arnaque tourne en boucle dans ma tête. Je revis la scène, je me revois cliquer, répondre, croire. Je suis submergé par la défaite et la honte. »
Il se redressa, comme pour plaider sa cause contre lui-même.
« J’ai perdu foi en ma capacité à prendre de bonnes décisions. Je me dis que si j’ai pu tomber là, je peux tomber partout. Je deviens amer, cynique. Je suis tourmenté par l’incertitude et l’indécision. Je suranalyse tout. Chaque phrase a un sous-texte, chaque sourire une intention cachée. Je cherche des motifs, des agendas. Et alors je deviens aversif au risque. Je joue la sécurité plus que de raison. »
Son amie le laissa continuer, et il ajouta, plus intime encore.
« Mais il y a plus. J’ai perdu ma spontanéité. Je n’ose plus accepter une opportunité, même honnête, de peur que ce soit un piège. Je me punis. Pas seulement moralement, mais matériellement. Je m’interdis des plaisirs, comme si je devais payer ma naïveté. Je me surprends à vouloir me définir comme une victime, parce que c’est plus simple que d’être un homme qui s’est trompé. Et je suis en conflit permanent entre l’envie d’avancer et la peur de revivre la blessure. Je deviens hypervigilant. Je lis tout deux fois, je vérifie dix fois, et je m’épuise. »
Son amie, avec une lucidité tendre, élargit le tableau.
« Et tu n’es pas seul dans l’histoire. Qui est touché autour de toi. »
Il baissa les yeux.
« Ceux qui dépendent de moi. Des personnes à charge. Des enfants dont l’héritage s’efface, comme si j’avais brûlé ce que je devais transmettre. Un conjoint qui doit repousser sa retraite pour compenser. Et même des associations, des causes auxquelles je donnais autrefois. Je ne peux plus. Je me ferme, je garde, je calcule, et ce qui était généreux en moi se contracte. »
Elle acquiesça, puis demanda sans douceur inutile.
« Et chez toi, quels défauts aggravent la chute. Dis les choses comme elles sont. »
Il eut un sourire triste.
« Il y a parfois une impulsivité. Une inattention. Une crédulité quand l’urgence se présente. Il m’arrive d’être irresponsable par fatigue, de croire que “ça ira”. Par moments, je me prends pour un je sais tout, je me dis que je ne tomberai pas dans un piège, et cette vanité devient une porte ouverte. Je peux être matérialiste, attiré par l’idée d’un gain. Je peux devenir paranoïaque après coup, pessimiste, autodestructeur. Il y a des jours où l’égoïsme pointe, non par nature, mais par défense. »
Il ajouta, à contrecœur.
« Je peux aussi être timide au moment de demander de l’aide, vaniteux au moment d’avouer, instable dans mes réactions. Et si je suis acculé, une violence intérieure peut surgir, contre les autres ou contre moi. Je deviens plaintif, faiblard, comme si je cherchais un tribunal où déposer ma honte. »
Son amie, toujours précise, posa la question des besoins, comme une femme qui connaît l’architecture secrète des existences.
« Qu’est-ce que ça touche en toi, au niveau le plus fondamental. »
Il répondit, presque comme s’il lisait son propre cœur.
« La réalisation de soi. Si je me replie, si je deviens craintif, si j’hésite à prendre des risques, je manque les opportunités qui pourraient me rendre heureux. L’estime, aussi. Je me demande comment j’ai pu être si crédule, comment j’ai manqué des signes que d’autres auraient vus. L’amour et l’appartenance. Si l’arnaque détruit les finances, le ressentiment des proches qui doivent m’aider peut transformer nos liens. Et la sécurité, bien sûr. Non seulement l’argent s’épuise et ma sécurité future vacille, mais je me sens moins en sécurité dans le présent. Je vois de la tromperie partout, même dans des situations inoffensives. »
Elle hocha la tête.
« Et les blessures, celles qui changent une vie, tu les entrevois. »
Il répondit, en homme qui a regardé le bord.
« On peut devenir sans abri pour des raisons hors de son contrôle. On peut être victime d’un auteur jamais arrêté. On peut déclarer faillite. On peut divorcer, tant la pression financière et la honte rongent le couple. On peut vivre la pauvreté. On peut aussi être ruiné par l’irresponsabilité d’un conjoint, si l’arnaque s’ajoute à d’autres imprudences. On peut se faire voler ses idées, son travail, et perdre le fruit d’années. Et puis il y a l’erreur très publique, la bévue exposée, qui colle à la peau comme une tache. »
Son amie, alors, changea de ton. Elle ne consola pas. Elle reconnut l’homme encore vivant sous le coup.
« Maintenant, dis-moi ce que tu as en toi pour faire face. Pas ce que tu voudrais avoir. Ce que tu peux réveiller. »
Il réfléchit, et quelque chose, dans son regard, se rassembla.
« Je peux être adaptable. Je peux apprendre. Je peux devenir prudent, mais lucidement, pas comme un fuyard. Je peux retrouver de la discipline. Être industrieux, reconstruire patiemment. Je peux être protecteur envers les miens, responsable, sensé. Je peux devenir économe, non par avarice, mais par stratégie. Et je peux être ingénieux, utiliser mes compétences pour ne plus subir. »
Elle sourit, enfin.
« Alors il y a des résultats possibles qui ne sont pas des consolations, mais des victoires. Dis-les, et donne-moi des images. »
Il inspira, plus librement.
« Je peux apprendre à reconnaître les signes. Un message qui presse, qui demande des informations sensibles, qui promet trop, qui joue sur la peur ou sur la pitié. La prochaine fois, je m’arrête, je vérifie, je téléphone au bon numéro, je ne clique pas. Je peux éviter d’être arnaqué à l’avenir, simplement en reprenant le temps que j’avais abandonné à l’urgence. »
Il poursuivit, comme s’il voyait un chemin.
« Je peux éduquer les autres. Dire à mes proches, à mes enfants, comment ça se présente, comment une voix peut imiter un parent, comment une fausse administration peut avoir un vocabulaire parfait. Je peux empêcher quelqu’un que j’aime de tomber dans le même piège. Je peux aussi utiliser la justice. Déposer plainte, rassembler les preuves, suivre les procédures, même si c’est humiliant, parce que c’est une manière de redevenir acteur. »
Il se redressa, plus ferme.
« Si j’ai des compétences techniques, je peux créer des outils. Concevoir des ressources pour dissuader les escrocs, renforcer la détection, aider à repérer les faux sites, les messages suspects, les schémas de Ponzi. Je peux transformer mon expérience en savoir utile, transmissible. Et surtout, je peux choisir de dépasser le regret et l’auto blâme. Je peux décider que ma vie ne sera pas réduite à cet épisode. Me concentrer sur ce qui reste, sur ce qui tient bon, sur les aspects positifs de la vie. »
Son amie conclut, avec cette douceur sévère qui fait grandir.
« Tu n’effaceras pas le fait. Mais tu peux en faire une matière. La lucidité sans la haine, la prudence sans la prison. Et si tu reconstruis, tu reconstruiras peut-être mieux, plus lentement, mais plus solidement. Tu auras une confiance moins naïve, et pourtant encore humaine. Voilà le vrai triomphe. »
application de l’Amana et de la sulhie
Voici une proposition de résolution incarnée du conflit “SE FAIRE ARNAQUER”, inspirée du dialogue précédent, en prenant une lutte interne précise :
« Le personnage sur-analyse tout, devient aversif au risque et joue la sécurité plus que de raison. »
La résolution se fait pas à pas par l’Amana (la garde intérieure des dépôts sacrés) puis par la Sulhie (leur mise en paix vivante dans le réel).
Résolution par L’AMANA : RETROUVER LA GARDE DES DÉPÔTS SACRÉS
Amana : Premier levier
Reconnaître les dépôts sacrés en jeu
Après l’arnaque, le personnage croit que son problème est la perte d’argent. En vérité, ce qui s’agite en lui est plus profond. Plusieurs dépôts sacrés ont été touchés.
Il reconnaît d’abord le dépôt de sécurité : le besoin vital de protection, de stabilité, de continuité. Ce dépôt s’est affolé parce qu’il a été trahi. Il cherche désormais à tout verrouiller, à tout contrôler, quitte à étouffer la vie.
Il reconnaît ensuite le dépôt de discernement : cette capacité à juger, à choisir, à décider. L’arnaque a blessé ce dépôt, qui doute maintenant de sa propre valeur et se replie dans la sur-analyse permanente.
Il reconnaît aussi le dépôt de confiance relationnelle : la faculté d’entrer en lien sans suspicion excessive. Celui-ci se sent profané, exposé, et réclame réparation par la méfiance.
Enfin, il découvre le dépôt de croissance : l’élan vital qui pousse à avancer, à tenter, à s’exposer au monde. Celui-ci est aujourd’hui muselé par la peur.
Il comprend alors une chose décisive :
la peur qui le paralyse n’est pas une ennemie, mais l’expression désordonnée de dépôts sacrés blessés.
Amana : Deuxième levier
Le gardien assume sa dignité et redessine les territoires
Le personnage cesse de vouloir faire taire ces parties. Il endosse le rôle du gardien. Non pas un juge, mais un responsable.
Il écoute la peur et lui dit :
« Tu n’as pas à décider de tout. Ton rôle est de signaler, pas de gouverner. »
Il parle au discernement blessé :
« Tu as fait une erreur, pas une trahison. Tu gardes ta légitimité à choisir. »
Il s’adresse à la méfiance :
« Tu protégeras mes frontières, mais tu ne couperas pas mes relations. »
Puis il redessine les territoires intérieurs.
Il pose des limites claires
La peur aura droit à la vigilance, mais pas à l’immobilisme.
Le discernement décidera après vérification, pas après rumination infinie.
La confiance ne sera plus aveugle, mais elle restera possible.
La croissance aura droit à des risques mesurés, jamais à l’auto-sabotage.
Ces limites deviennent concrètes
Il décide qu’il vérifiera toute proposition importante auprès de deux sources.
Il décide qu’il ne prendra plus de décision sous urgence imposée.
Il décide qu’il se donnera un temps limité pour réfléchir, puis tranchera.
Il décide qu’il continuera à investir dans des projets, mais avec des critères clairs.
Ces limites, il sait qu’il devra les porter à l’extérieur
dire non à une opportunité floue
demander un délai sans se justifier
refuser de répondre immédiatement
poser des questions sans honte
Amana : Troisième levier
Les thèmes symboliques qui guident désormais sa conduite
Pour se guider, le personnage choisit des images intérieures.
Il se voit comme un port
ouvert aux navires, mais avec des règles d’amarrage.
Il adopte le thème de la porte
ouverte le jour, fermée la nuit, jamais arrachée de ses gonds.
Il choisit la figure du jardin
où certaines plantes entrent librement, d’autres doivent être observées avant d’être plantées.
Ces symboles deviennent des repères dans son quotidien
Quand une proposition arrive, il se demande
« Est-ce un navire connu ou inconnu »
« Est-ce une graine compatible avec mon sol »
« Est-ce que je suis dans le jour ou dans la nuit »
Amana : Quatrième levier
Retrouver son identité par la fidélité aux dépôts
En honorant ces dépôts, le personnage cesse de se définir comme une victime.
Il se reconnaît comme gardien de sa vie intérieure.
Son identité se reforme
Il est quelqu’un qui choisit avec lenteur, mais pas avec peur.
Quelqu’un qui protège sans s’enfermer.
Quelqu’un qui apprend sans se renier.
Il retrouve sa dignité non par le contrôle, mais par la fidélité à ce qui lui a été confié.
résolition par LA SULHIE : FAIRE VIVRE LA PAIX DANS LE QUOTIDIEN
Sulhie : Premier levier
Fables intérieures et lucidité
Quand vient le moment d’appliquer ses limites, les fables surgissent.
« Si je dis non, je vais passer pour paranoïaque. »
« Je me suis déjà trompé, je ne suis pas fiable. »
« Les autres savent mieux que moi. »
« Il vaut mieux ne rien tenter que risquer encore. »
Il reconnaît ces pensées comme des récits, non comme des faits.
Les faits sont simples
Il a appris.
Il a posé des règles.
Il n’est pas obligé d’agir vite.
Il n’est pas obligé de se justifier.
Il laisse les pensées passer
sans débattre
sans s’y opposer
sans leur donner le volant
Il revient à ce qui compte ici et maintenant
la clarté
la cohérence
le respect de soi
Sulhie : Deuxième levier
Maturité émotionnelle et traversée de l’inconfort
Dire non lui serre la poitrine.
Demander un délai lui donne chaud.
Questionner une proposition réveille la peur d’être jugé.
Il reste.
Il respire.
Il n’agit pas pour faire disparaître l’émotion.
La première fois, l’inconfort est intense.
La deuxième, il dure moins longtemps.
La troisième, il devient familier.
Peu à peu
la crispation se relâche
la voix se stabilise
le corps comprend qu’il ne meurt pas
La maturité s’installe non par force, mais par répétition douce.
Sulhie : Troisième levier
Réconciliation des parties
La peur est rassurée
elle voit que le gardien agit.
Le discernement se redresse
il retrouve sa place de décideur.
La confiance se détend
elle n’est plus naïve, mais vivante.
La croissance respire
elle peut avancer sans se sacrifier.
Le personnage ne lutte plus contre lui-même
il se rassemble.
Sulhie : Quatrième levier
L’agir conscient et relâché
Il agit sans dureté
il dit non calmement
il pose ses conditions
il prend le temps
Son action ne l’épuise plus
elle s’alimente à la source
celle des besoins honorés
des élans vitaux rétablis
Il agit avec une force douce
stable
non défensive
Sulhie : Cinquième levier
Constat et résolution
Le monde ne s’est pas effondré.
Les relations se sont clarifiées.
Certaines propositions ont disparu.
D’autres, plus saines, sont apparues.
Les dépôts sacrés sont honorés.
Les limites tiennent.
Les engagements sont vécus.
Il a dépassé la fusion avec ses pensées.
Il a traversé l’idée qu’il devait s’éviter pour survivre.
Il a montré à chaque partie intérieure qu’elle comptait.
Le conflit est résolu
non parce que le passé a disparu
mais parce que la vie circule à nouveau,
libre, tenue, et paisible.
la dernière signature, une nouvelle littéraire sur le fait de se faire arnaquer
New York, 2023.
La ville vibrait comme une mécanique trop bien huilée…

